Cet article a été repris et complété dans le magazine Science et Vie sortie ce mois çi (n°1127 : Les nouveaux envahisseurs), dont je recommande la lecture (notamment pour comprendre la réelle cause de l’expansion des espèces invasives ...).
Cet article parle des espèces invasives, de l'étiquette "cancres de la classe" qu'on leur a collé, et de leur réel impact sur la biosphère. L'idéal aurait été que je traduise tout l'article, mais j'ai complètement la flemme, je vous laisse le plaisir de le lire tout seul comme des grands (il n'y a que 2 pages !). Pour les non anglophones, je vais juste citer les points importants.
Un article paru en 1998 (et souvent cité), classait les espèces invasives comme la deuxième cause responsable de la chute de la biodiversité (la première cause étant la destruction des habitats par l'Homme). Mais selon les auteurs, cet article est à remettre en question en raison du manque de "preuves" et de "données". En réalité de nombreuses extinctions attribuées aux espèces exotiques n'ont jamais été réellement prouvées.But many of the claims driving people’s perception that introduced species pose an apocalyptic threat to biodiversity are not backed by data. Take the conclusion made in a 1998 that invaders are the second-greatest threat to the survival of threatened or endangered species after habitat destruction. Little of the information used to support this claim involved data, as the original authors were careful to point out.
Selon ces auteurs, les extinctions liées à des espèces invasives ont été observées que dans des écosystèmes bien particuliers : les îles et les lacs. Et au contraire, dans les autres écosystèmes où l'on a introduit des espèces non natives, on a observé une augmentation de la biodiversité.Indeed, recent analyses suggest that invaders do not represent a major extinction threat to most species in most environments — predators and pathogens on islands and in lakes being the main. In fact, the introduction of non-native species has almost always increased the number of species in a region.
Cette vision manichéenne selon laquelle ce qui est endémique est "positif" et exotique est "négatif" est fausse. Ils citent un exemple d'une espèce endémique dont les effets sont ravageurs : actuellement, l'insecte qui est suspecté de tuer le plus d'arbres en Amérique du Nord est un coléoptère endémique (Dendroctonus ponderosae).Nativeness is not a sign of evolutionary fitness or of a species having positive effects. The insect currently suspected to be killing more trees than any other in North America is the native mountain pine beetle Dendroctonus ponderosae.
Si l'on veut réellement examiner les effets d'une espèce (endémique ou non) sur son environnement, il faut s'attarder sur son écologie et non sur ses origines. On revient aux fondamentaux : morale et science sont 2 "choses" différentes.Classifying biota according to their adherence to cultural standards of belonging, citizenship, fair play and morality does not advance our understanding of ecology
On parle toujours des effets négatifs des espèces non autochtones, mais rarement de leur effet positif. Pour citer une citation de Christian Lévêque (directeur de recherche émérite de l'Institut de recherche et du développement) dans la magazine Science et Vie (n°1127) : "Il y a beaucoup de pseudosciences autour des espèces exotiques, avec la volonté de trouver des preuves à charge. Prenons l'évaluation de leur impact économique : on ne comptabilise systématiquement que les dégâts, et souvent de façon arbitraire ! Les économistes vont vous dire que les invasions coûtent 130 milliards de dollars, mais jamais combien les exotiques rapportent via l'agronomie, le commerce ou en assurant certains services écologiques ...".Specifically, policy and management decisions must take into account the positive effects of many invaders.
Selon les auteurs, l'impacte de l'Homme (via le changement climatique, l'agriculture qui pourri les sols, et l'urbanisation qui se gangrène à vitesse grand V) est bien plus important que celui des espèces invasives.Today’s management approaches must recognize that the natural systems of the past are changing forever thanks to drivers such as climate change, nitrogen eutrophication, increased urbanization and other land-use changes.
De même, comme le dit Christian Lévêque, il ne faut pas confondre causes et conséquences : "On cite souvent la perche du Nil, dont l'introduction aurait éliminé 300 espèces autochtones de poissons dans le lac Victoria. Mais il s'avère que la pollution du lac par l'Homme a affaibli ces espèces, et la perche du Nil, n'a fait qu'en profiter".
Ce raisonnement est très intéressant et d'ailleurs ont pourrait se le poser pour les fourmis invasives. Par exemple la fourmi d'argentine a-t-elle réellement éliminées les espèces endémiques, où juste réussi à mieux "résister" à l'impact grandissant de l'Homme contrairement aux endémiques ? ...




