Certaines espèces ont une évolution démographique telle qu'elles vous obligent continuellement à revoir les installations que vous leur mettez à disposition. A l'instar de mes consobrinus, ma colonie de Camponotus thoracicus en est l'exemple criant. Lorsque vous vous apercevez que l'aire de chasse est squattée par une multitude d'ouvrières qui, faute de trouver un espace dans leur nid, se languissent béatement en plein air à même le sol en plexiglas, il est grand temps de réagir avant que les corvéables ne confondent définitivement le "sous-sol" et la "surface"...
En effet, il est important voire crucial que les fourmis identifient parfaitement la destination propre des différents modules usités qui peuvent être proposés comme un nid, une aire de chasse par exemple. Je vous parle bien d'interactions avec leur environnement. D'après mes observations sur le genre, dès lors que la fourmilière est noyée par de trop nombreuses pistes de phéromones, son comportement intrinsèque s'en trouve dénaturé, brouillé. Dans le sens où les fourmis diminuent leurs va-et-vient pour peu à peu s'immobiliser ; une léthargie caractérisée par un ralentissement général de l'Organisme aussi bien extra que intranidal. Un couvain déposé dans l'AdC, des dépotoirs multiples disséminés au petit bonheur la chance ^^, des ouvrières amorphes qui ne cherchent même plus à s'évader en sont les éléments les plus caractéristiques. Pour prendre l'exemple de cette colonie, j'arrive malgré tout à éradiquer un temps cette problématique en nettoyant mensuellement les espaces habitables (effaçant ainsi les phéromones) en premier lieu, puis pour finir, en l'agrandissant substantiellement.
Comme vous le savez pour l'avoir découvert en ces pages, ma colonie dispose déjà d'un nid de taille respectable mesurant soixante-dix centimètres sur trente mais il s'avère aujourd'hui que c'est devenu totalement insuffisant. Vous êtes parfois à me demander dans le questions/réponses ou en messagerie privée "Mais combien peuvent-elles bien être" ? Hormis le fait que les dénombrer est une tâche aussi compliquée que fastidieuse, je ne vous cache pas que leur effectif m'importe peu. Seul compte pour moi la surface vi(v)able dont elles ont besoin. Lorsque je m'aperçois que les ouvrières sont quasiment aussi nombreuses dans le nid que dans l'aire de chasse, et que par le fait la colonie semble "se morfondre", je rajoute tranquillement un module.
Et comme par enchantement, la colonie se réactive. En cela que le nombre d'ouvrières présentes dans l'AdC diminue sensiblement (peu ou prou quinze pour cent), que les proies ne sont plus consommées sur place, que les fourmis suivent des chemins bien précis lorsqu'elles se déplacent, qu'elles sortent en nombre des tréfonds lorsque la nuit est venue mais surtout qu'elles y retournent aux premières lueurs du jour ^^, etc etc... Aussi, vous aurez immanquablement noté l'adjonction d'un second nid de soixante centimètres sur trente en verre sans réserve d'eau cette fois-ci. Relié par le dessous au premier qui en est doté, l'humidité ainsi que la chaleur remontent naturellement (principe élémentaire de "vase-communiquant"). Il est fort à parier que j'utilise à l'avenir ce système breveté ^^ pour des colonies ayant besoin d'une très forte hydrométrie. En effet, rien de plus simple que de relier un nid sec à un simple bac empli d'eau...
Évidemment, je ne sais combien de temps les cent-trente centimètres sur trente vont leur suffire, six mois certainement voire un peu plus mais comme cette structure peut être étendue à l'infini ^^, je ne m'en inquiète plus désormais.
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[Q/R] Camponotus thoracicus
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