Bonjour !
Au tour de ma petite colonie de
Camponotus cruentatus d'être présentée.
En octobre 2014, j'ai décidé de me lancer dans l'élevage d'une espèce un peu plus compliquée à "entretenir", et ayant une bonne taille. Parmi les différentes Camponotus, la Camponotus cruentatus était celle qui me plaisait le plus : noire mat avec une petite coloration rouille et une apparence arachnéenne. Réputée longue de développement, c'était pour moi l'heure de mettre à l'épreuve ma patience. J'ai donc commandé une jeune
fondation comportant 5 ouvrières sur le site où j'avais acheté un peu plus tôt mes
Messor barbarus. J'ai reçu en "cadeau" une fondation de
Crematogaster scutellaris.
Fort content de mon acquisition, j'ai alors placé ces dames dans un module d'élevage de chez ***, alternative à l'élevage en tube. Le
couvain était composé de 5 petites
larves. À partir de novembre 2014, le module de fondation a été mis au garage à une température moyenne de 12°C. Je n'ai donc pas écouté les "bons" conseils du vendeur "gardez-les au chaud cet hiver, vous aurez une colonie plus populeuse rapidement". M'étant fort renseigné sur cette espèce avant mon achat, je savais à quoi m'en tenir. L'
hivernage de 4 mois s'est déroulé sans encombre, avec un apport en liquides sucrés toutes les 2-3 semaines (elles avaient été gavées avant la mise au froid bien entendu). RAS mis à part quelques minuscules bestioles sans intérêt que j'écrasais allégrement lors de mes "visites".
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- Fondation de Camponotus cruentatus (10/14)
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- Fondation de Camponotus cruentatus (04/15)
Sortie en mars 2015, tout ce petit monde semblait aller parfaitement bien. Vers mi-avril 2015, 2 des 5 larves ont commencé leur mise en
cocon. Parti en Angleterre à partir de mai (en les confiant à ma mère), je suis revenu mi-juin. 3 larves, des restes de cocons, mais 5 ouvrières et... des restes d'ailes au milieu des cocons ouverts

??? Autre chose étrange, les ouvrières courraient dans tous les sens, traquant un intrus invisible. Pas si invisible pour un œil humain : des dizaines de ces fameuses petites bêtes sans intérêt. Des psoques. Inoffensifs car détritivores certes, mais perturbants pour une jeune fondation, dont les individus sont trop gros pour attraper ces "microbes". J'ai donc fait déménager la fondation en tube m'assurant qu'aucun des squatteurs n'y était introduit. Le module de fondation a été ensuite lavé avec un peu de javel, et passé ensuite au congélateur. N'ayant pas encore eu la bonne idée de relier ce tube à une boite de cotons-tiges en guise d'
ADC, j'ai alors transféré le lendemain le contenu du tube dans un
nid pour grosses espèces (beaucoup trop grand) acheté d'avance chez *** (plus simple pour ma mère pour l'apport en nourriture). Et je suis retourné en Angleterre.
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- Début de nymphose des larves de Camponotus cruentatus (fin avril 2015)
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- Jeune colonie de Camponotus cruentatus (07/15)
Je n'explique toujours pas la présence de ces ailes dans les détritus. J'ai pu lire sur plusieurs forums, que dans de rares cas, les jeunes
gynes Camponotus cruentatus préfèrent pondre des
mâles car ils ne possèdent que le patrimoine génétique de leur mère. Elles se sentiraient alors plus en sécurité qu'avec des ouvrières possédant un patrimoine génétique double (gyne+mâle). Il y a pourtant déjà 5 ouvrières...
boost ? Il est vrai qu'en y réfléchissant bien, les ouvrières nées par la suite étaient beaucoup plus petites que celles présentes au début. Tout ceci n'est que pure supposition.
Cependant la gyne, dès la nymphose des 2 larves, avait pondu un petit paquet d’
œufs. En revenant chez moi fin août j'ai eu le plaisir de voir que ma colonie comptait désormais 13 ouvrières, 7 cocons, et un beau tas de larves. Espérant donc obtenir 20 ouvrières avant la mise au frais, je fus un peu déçu. Les cocons ont été déballés un par un (ils avaient une couleur de cocons matures) et leurs jeunes occupantes ont été écartelées et jetées aux ordures

. Ont-elles préféré passer l'hiver avec moins de bouches à nourrir ? Aucune idée

. Et en novembre 2015, elles ont été placées au frais.
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- Jeune colonie de Camponotus cruentatus (les ouvrières du fond sont en train de détruire le contenu d'un cocon) (10/15)
Mars 2016, sortie de
diapause. Horreur ! Malgré les précautions prises (nid placé dans une boite), les psoques sont de retour

! La colonie est alors remise en tube, avec cette fois une ADC et un tube d'eau sucrée. Au fur et à mesure de la croissance de la petite famille, des tubes on été rajoutés. À noter que durant l'hiver 2015-2016, je me suis procuré un câble chauffant afin de les chauffer pendant les périodes fraiches. Elles sont alors à une température moyenne de 26°C en journée (au lieu d'une vingtaine de degrés l'année précédente). Les premières ouvrières colorées sont apparues vers juin 2016. Elles sont alors une petite centaine avant leur mise au frais de novembre 2016. Elles seront remises au chaud vers fin février 2017. À noter, qu'à partir de mi-septembre 2016, les cocons restant ont été à nouveau détruits. Pas d'explication (bonne température, nourriture plus que suffisante).
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- Remise en tube des Camponotus cruentatus (03/16)
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- Évolution de la colonie de Camponotus cruentatus (gros couvain) (08/16)
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- Colonie de Camponotus cruentatus avant mise au froid (11/16)
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- Vue d'ensemble du nid des Camponotus cruentatus (11/16)
Régime alimentaire : eau sucrée en tube changée régulièrement ; œuf dur haché et miel/beetle jelly le mercredi ; viande hachée le samedi ; miel/beetle jelly le dimanche ; insectes de temps en temps (avec une préférence pour les blattes juvéniles).
Une centaine d'ouvrières en 2 ans et demi, je ne réalise pas bien si c'est peu ou normal, mais la colonie semble prendre le bon chemin, vu la ponte massive de 2016

. L'élevage en tube est à privilégier le plus longtemps possible.
Je n'ai pas vraiment d’espèce préférée, chacune ayant des comportements très intéressants qui lui sont propres. En parlant de comportements remarquables, avez-vous déjà observé des "transports de troupes" chez les Camponotus ? Je m'explique : par moment, certaines ouvrières se mettent en position "fœtale" (comme si elles étaient dans un cocon) et se font transporter par une autre ouvrière jusqu'à un autre endroit du nid. je trouve ça vraiment drôle

mais n'en comprends pas bien l'utilité

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Merci pour vos commentaires et à bientôt pour la présentation de mes Camponotus barbaricus

!