C'est pourquoi je vous propose aujourd'hui un suivi de mes élevages nourriciers. Vous l'aurez compris, plus que pour mettre en lumière ces héros méprisés, il aura pour but de mettre un point pratique à la théorie des fiches d'élevages ; c'est déjà chose faite pour les fourmis avec les blogs, alors pourquoi ne pas faire la même chose pour leurs protéines ? Bien entendu, il sera actualisé moins souvent que celui des fourmis afin de ne pas être trop redondant.
Ils sont relativement récents, donc pas encore totalement lancés.
Commençons avec les Tenebrionidae !
Tenebrio molitor
Ils sont beaux mes Tenebrio, ils sont robustes mes Tenebrio, ils sont vivaces mes Tenebrio, ils sentent le chèvrefeuille mes Tenebrio ; et pour cause, loin des tarés consanguin nés d'élevages intensifs et maltraités dans les animaleries, ceux-ci sont de souche sauvage !
J'ai commencé fin septembre avec 28 larves avancées ; une est morte très vite, portant l'effectif à 27. Elles atteignèrent leur maturité en novembre ; or, depuis lors, elles ont stagnés. C'est en mai qu'un ami, faisant l'élevage pour le plaisir et possédant des individus de la même souche, qui avait obtenu des adultes dès l'hiver, me livre son secret : il trouve toujours les nymphes sous les décorations de son bac. Pas besoin de me le dire deux fois : je pose un gros morceau de pain dur sur le substrat. Et dès lors, j'ai eu des nymphoses.
19 l'on passé avec succès, et j'ai relâché à la place de prélèvement les larves retardataires à cause d'une invasion d'acariens détritivores.
Ils ont désormais le droit à un habitacle rempli d'un mélange de son et de farine (mélange que j'utilise pour tous mes Tenebrionidae), avec des cachettes, et où je donne de temps en temps des fruits dans une coupelle. Je constate l'apparition de petites larves dans le substrat.
Zophobas morio
Ah, les monstres !
Des Tenebrio, deux fois plus gros, plus difficiles, plus puants et plus cannibales !
Ayant acheté en octobre une boîte de 50 g de larves avancées, je me suis vite rendu compte qu'un morio, c'est léger...
Après une première génération totalement ratée, je pense avoir trouvé un système qui marche.
Une fois qu'une larve atteint 5 cm, elle est isolée dans une boîte, du même type que celle où, plus jeune, elle a connu un véritable martyr dans les rayons de l'animalerie. Au bout d'un certain temps, elle se prénymphose ; environ trois semaines plus tard, elle se nymphose véritablement avant d'imaginer un mois après. Là, j'attends qu'ils deviennent actif par eux-mêmes, lorsqu'ils sont marron foncés ; si on les met avant, ils sont trop tendres et se font dévorer. Car oui, les morios n'ont aucune pitié ; durant la première génération, j'ai même vu un mâle attendre derrière une femelle pour manger les œufs tout frais pondus !
Comme vous pouvez le constater sur la photo, leur habitacle se compose d'une cachette et d'un pondoir, avec comme nourriture le substrat et des croquettes pour chat.
Une chose qui n'est pas souvent mentionnée ; au contact, les adultes émettent une odeur forte, et si l'on insiste, ils sécrètent deux gouttes blanches à la jonction entre la tête et le thorax, leur faisant comme deux énormes yeux blancs ; la première fois, ça surprend !
Akis tuberculata
Bah oui, je n'allais pas rentrer bredouille de Corse, tout de même ! J'ai donc ramené deux robustes couples de ces ténébrions communs là-bas. Comment sais-je que ce sont deux couples ? D'abord parce qu'il est commun que les deux s'enfilent en même temps (ils ne font que ça), et aussi parce que les épines thoraciques du mâle sont plus développées que celles de la femelle. Pourquoi ? C'est comme ça et puis c'est tout.
Peut-être qu'ils ne seront pas assez prolifiques pour nourrir les fourmis, peut-être n'auront-ils même aucune descendance, comme disait la truie : "On verrat !"
Maintenant que nous avons terminés la trilogie des ténébrions, voici maintenant celle des Blattodea ! Je vous préviens, les blattes ayant la bougeotte, les photos sont moches...
Blaptica dubia
Une trentaine d'adulte dans cette boîte avec cachettes en plaques à œufs, de la beetle jelly et occasionnellement des fruits et croquettes pour l'alimentation, ainsi qu'un abreuvoir. J'ai déjà une dizaine de jeunes, placés dans une boîte à part.
C'est tout...
Blatta lateralis
Ah, les "red runners", osons la traduction, les "athlètes écarlates" !
Pour 80 juvéniles achetés, j'ai désormais quelques adultes ; les mâles sont tout simplement magnifiques !
Leur maintenance est la même que les Blaptica dubia, avec les plaques à œufs remplacés par des emballages cartonnés et un bloc de mousse Oasis dont j'ai creusé le dessous.
Je peux déjà dire que les fourmis les aiment aussi !
Pycnoscelus sp.
Désolé, je suis dans l'incapacité de vous fournir une photo correcte : lorsqu'un Pycnoscelus est sorti de son substrat de feuilles mortes, il se met à marcher continuellement à la recherche de celui-ci. Certes, c'est moins fulgurant que les "runners" précédemment cités... Mais c'est assez rapide pour qu'une fois la mise au point faite, il soit déjà à l'autre bout de la main !
J'en ai reçu cent il y a quelques jours ; autant d'adultes que de néonates (certains sont sûrement nés pendant le transport).
Un simple substrat de feuilles mortes et éventuellement de la beetle jelly leur suffit à prospérer ; l'espèce étant en réalité composée uniquement d'individus féminins se reproduisant par parthénogenèse et mettant au monde de manière ovovivipare, l'élevage a l'air d'être plus que prolifique !
Et voilà, c'est tout ; le concept vous plaît-il ? Souhaitez-vous que j'actualise régulièrement pour donner des nouvelles ?
Cordialement vôtre,
Lebenêt.




