Bonsoir à toutes et tous,
Comme chaque année, après quatre semaines sans être chauffée, la fin du mois de juin est synonyme de la mise au repos réel de ma colonie de
Camponotus consobrinus. En cela que je les déplace vers une zone de mon habitation dans laquelle mes corvéables ne seront pas gênées par mes incessants va-et-vient ce qui permettra à la fourmilière d'être maintenue dans le noir le plus complet à une température constante de vingt-et-un degrés.
Mais... je ne me contente pas uniquement de les isoler. Il me faut réduire leur espace vital, les regrouper dans un seul et même
nid, un nid qui sera la première semaine de septembre confiné dans mon réfrigérateur à douze degrés précis afin de "rebooter" la colonie. Par rapport à l'année passée, l'effectif ayant très fortement évolué, il s'avère que la tâche fut bien plus ardue qu'escomptée. Comme vous pourrez fort bien le constater dans les différentes vidéos présentées ci-après, le nombre de fourmis ou le
couvain de pré-
diapause est devenu inquantifiable. A ce propos, si l'un d'entre vous pouvait se dévouer l'année prochaine.
Avant d'en arriver à ce résultat, trois très longues après-midi m'ont été nécessaires... Me restera quelques heures en fin de semaine pour terminer mes offices et remplacer cette
AdC de travail par une plus petite dans laquelle un abreuvoir de grande capacité sera déposé.
Ce qui suivent mon blog depuis ses débuts savent pertinemment que je m'emploie à "nettoyer à neuf" mensuellement l'espace vital de ma fourmilière qui se compose aujourd'hui de deux nids, d'une aire de chasse principale à laquelle a été adjointe une secondaire en ce début d'année. Ce serait vous mentir que de vous affirmer qu'il m'est encore possible d'assainir leur espace de vie aussi régulièrement que par le passé. Les délais se sont naturellement allongés ; deux mois pour les nids et un pour les Adc. La raison principale, mes douze élevages pour lesquels j'apporte les mêmes soins voient tous leur effectif croitre dangereusement ^^.
En visionnant l'ensemble de mes billets sur mes petites australiennes, je me suis rendu compte que la
gyne n'avait pas eu véritablement l'honneur de vous présenter ses plus beaux atours. Gageons que cette première vidéo la rendra immortelle ! Mais c'est aussi l'amorce rêvée d'une ébauche d'explications concernant la méthodologie employée. Après avoir vidé "à la main" et à la pince à épiler le nid qui accueille la gyne, je la préserve systématiquement en l'éloignant de la zone de travail afin d'éviter tout geste malencontreux de ma part qui pourrait la blesser. Aussi, je lui adjoins toujours quelques ouvrières afin que le contact avec ses filles ne soit pas rompu. Une fois le premier nid entièrement vidé de ses occupantes, elle sera la première à y prendre "pattes".
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Logiquement, la mère d'entre toutes devrait attirer rapidement l'ensemble de ses ouailles mais non, seul un bon tiers répond immédiatement à l'appel en faisant d'incessants allers-retours. Ce sont les forces vives de la colonie car vous savez pertinemment qu'au sein d'une fourmilière la majorité silencieuse des ouvrières ne fait strictement rien ^^. Celle-ci s'économise.
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Pour une colonie de cette ampleur et parce que gérer le timing est crucial, il me faut aider cet emménagement. N'oublions pas que tout autour de mois plusieurs tupperwares emplis de corvéables enclines à me jeter de l'
acide formique et à me mordre trônent. Chacun à leur tour, je les dispose donc sur l'une des entrées du nid et m'emploie à pousser à la pince philatélique un maximum d'ouvrières dans le trou béant. J'insiste sur le fait que le temps joue contre moi. En effet, le couvain ne peut survivre plus que quelque heures sans être correctement humidifié. Ce pourquoi, je le vaporise toutes les deux heures avec de l'eau déminéralisée. Même si la tache est ardue, elle me procure toujours plaisir et satisfaction. Et puis, nous nous connaissons si bien chers amours.
Mais dans un vieux couple parfois les choses ne se passent pas comme il se devrait. Un élément perturbateur apparait subrepticement et tout est à refaire ! Figurez-vous que j'avais omis de plaquer la première de mes deux plaques de plexiglas blanches contre le rebord. Heureusement que toutes n'avaient pas encore été intégrées au nid !
Irrémédiablement, les fourmis prises au piège s'y agglutinèrent puis s'entassèrent ; un Heysel
myrmécophile s’annonçait. Ni une ni deux, je retournai le nid ! Tête en bas, les ouvrières purent s'échapper de cette étreinte mortelle et les choses rentrèrent dans l'ordre mais je devais tout recommencer ^o^. Cela m'apprendra à être plus vigilant. La routine est mauvaise conseillère les amis...
Quand on aime on ne compte pas... son temps. Voici bien un adage qui se vérifie depuis que j'élève des fourmis. Alors même que je venais de passer à genoux une dizaine d'heures cumulées et que mes doigts brûlés par l'acide formique me démangeaient ; le signe avant-coureur mais si coutumier d'un lendemain assez douloureux, le corvéable remis donc son labeur à plus tard. Biafine, l'énamouré t'aime tant !
Vous avez l'âme sensible ? Alors ne cliquez pas.
Mercredi, je décidais d'utiliser une autre méthodologie. Celle de déposer l'AdC et le nid à éventrer sur ma moquette blanche. C'est une astuce complémentaire que j'utilise lorsque je dois agir dans l'urgence. En effet, mes adorées n'aiment pas trop s'aventurer sur cette texture inconnue pour elles. De toute manière, j'ai appris avec le temps à gérer leurs échappées quand bien même elles sont plusieurs dizaines à jouer les filles de l'air. Certes, celles que nous n'avez pues attraper se baladent mais si vous ne les dérangez pas dans leurs explorations, elles reviennent assez rapidement sur leurs pas

. Enfin bon, il ne faut pas non plus se laisser dépasser par les évènements et être prompt à les attraper du bout des doigts
-aie tout de même ^^ !
Dans cette dernière vidéo, vous constaterez que je ne lésine pas au contact direct. Lorsque il vous faut aller vite, mettre la main directement dans la fourmilière est aussi efficace que brulant

. Le couvain est quant à lui enlevé à la pince ; fastidieux mais obligatoire. Je sais, je sais... Mais comme stipulé à maintes reprises, cela reste pour moi un véritable plaisir dont je ne me lasse pas. Je vous ai d'ailleurs ajouté quelques minutes lorsque je me plais à les observer la nuit tombée, fourbu mais heureux.
Je devais être une fourmi dans une autre vie, pas possible autrement.
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Edit du 28/06/2013
Les voici désormais toute blotties dans un seul et même nid avec seulement un abreuvoir d'eau sucrée, au calme et à une température de 21 degrés, elles resteront dans le noir durant deux mois avant de rejoindre du premier au quinze septembre le réfrigérateur entrouvert qui sera maintenu à douze degrés à cette occasion.
Pour les soins d'urgence et questions éventuelles.
[Q/R] Camponotus consobrinus (Australie)
https://www.myrmecofourmis.org/forum/vi ... php?t=9518