J'admire ta rectitude éthique.
J'ai trouvé 2 colonies, la première une petite avec quelques
sexués qui avait souffert du passage d'une machine (tracteur, épareuse) de débroussaillage : je n'y ai pas touché, me contentant de faire du repérage.
La deuxième était très grosse avec
des milliers d'individus étalée sur plusieurs mètres, anormale par sa taille s'il s'était simplement agit de
Tetramorium sp.
Que se passe-t-il dans un milieu donné en présence d'une très grosse colonie :
Même une colonie fortement
polygyne, arrivé au moment où elle sature sa part accessible de
biotope: Elle arrête de croître.
Il lui reste à se bouturer ou à faire un maximum de sexués.
La population reste stable, la création d'individus s'équilibrant entre la rentrée de nourriture et la mortalité.
Même une colonie pratiquant l'esclavagisme ne peut grandir qu'en proportion de sa capacité de cibles accessibles, soit par leur nombre, soit par la distance qui les sépare.
Dans ces conditions que représentent une centaine d'individus sur des MILLIERS et que se passe-t-il quand une centaine d'individus sont soustraits à la colonie :
Un excédent brusque de nourriture car le biotope saturé par les approvisionneuses fournit toujours autant de ressources pour la colonie.
La perte d'une centaine d'individus n'influe que d'une manière insignifiante sur l'approvisionnement et sur les autres activités des ouvrières.
Augmentation de la nourriture, signifie :
augmentation de l'élevage . Le vide causé par ma prédation est très rapidement comblé. A ne pas faire en période sensible , pendant la
diapause par exemple.
Merci de rappeler que certaines espèces de fourmis sont fragiles .
Surtout je déconseille d'acheter des colonies de fourmis dans le commerce car elles sont essentiellement issues du déterrage. Je ne connais personne qui fait de l'élevage en grand pour la
reproduction afin de vendre .
Maintenant petit rappel : une fourmi est rare quand elle n'est pas ou peu trouvée. Dure à chercher signifie encore moins connue.
En Gironde, Lot et Garonne, Dordogne etc, il y a en zone rurale, un
nid de Polyergus rufescens tous les 500 m quand il y a des serviformicas.
Les
Strongylognathus testaceus que moi-même je considérais rares avant : sur une prairie juste fauchée dans l'année à Saint Astier de Duras (47), parcelle de 1,6 hectares, je me suis trouvé au moment de l'
essaimage.
Sur quelques mètres en bordure de route j'ai rapidement dénombré plus de 10 nids émettant des sexués de cette espèce.
J'ai rapidement traversé la prairie pour voir si c'était la condition moyenne.
En marchant j'ai aperçu d'autres nids, dans le même état, puis arrivé de l'autre côté de la prairie encore, toujours des
Strongylognathus testaceus essaimantes.
Les cherchant consciencieusement en Dordogne sur une friche : une colonie sur 10 ou 20 était parasitée.
Alors rares les
Strongylognathus testaceus ?
Est rare ce qui n'est pas trouvé car difficile à chercher à identifier, petit, peu discernable, seulement plus facile à l’essaimage !
J'engage chacun de vous à chercher des
S. huberi sur les populations de
Tetramorium impurum.
Je spéculais sur un hôte spécifique.
Chez moi c'est plutôt
T. caespitum qui est abondant (avec
S. testaceus)
et je n'ai jamais déterré l'une de ces populations me contentant de faire la chasse aux
gynes.
D'autre part l'action humaine : agriculture, déboisement n'est pas systématiquement à blâmer, car certaines espèces ne se maintiennent que dans des biotopes spécifiques (ex: prairie) et sous le climat de la France, la nature livrée à elle-même, évolue systématiquement en forêts et couvertures boisées même dans des conditions difficiles.
Qui dit couverture boisée, dit espèces spécifiques avec oblitération de toutes les espèces héliophiles, qui comptent sur le soleil pour maximiser les températures aux premiers jours de soleil, l'humus se réchauffe considérablement plus vite pour nos fourmis que l'air.
Même un buisson de ronces , exclue les espèces terricoles avides de soleil .
Bonnes chances avec les fourmis dites rares.