Une des choses, à laquelle un myrmécophile veut aboutir en règle général, c'est le passage à l'exotique.
La multitude d'espèces existantes, des variétés d'espèces plus colorées, plus grandes voire plus petites, avec des comportements insolites ou même un polymorphisme accru et j'en passe ! C'est la raison pour laquelle, après avoir passé plusieurs mois, plusieurs années à élever des espèces endémiques, j'ai décidé de sauter le pas.
(Petit historique en-dessous)
Camponotus fulvopilosus est une Camponotus de grande taille avec une vision beaucoup plus développée que nos Camponotus endémiques. Votre ombre, ou même le fait de passer devant leur demeure suffit à les interpeller et à les faire foncer vers vous ! Une vision développée que mes proches n'hésitent pas à utiliser pour les faire tourner en bourrique !
C'est une espèce qui arbore deux couleurs, une à la naissance et pendant les premier jours, un thorax et une tête rougeâtre et un abdomen recouvert de poils gris et la seconde une fois l'ouvrière âgée d'une petite semaine, un thorax et un tête noir avec un abdomen recouvert d'un petit dessin à la pilosité jaune. J'ai remarqué également une extrême vélocité chez cette espèce, elles me rappellent beaucoup mes Cataglyphis, autant par leur manière de marcher sur la pointe des pattes, mais aussi par leur vitesse réel de déplacement !
J'ai reçu ces choupettes alors qu'elles n'étaient que sept. Je les ai reçues début juillet et normalement, pour garder un rythme normal, j'aurais du les mettre en diapause très vite dans les jours qui allaient suivre pour respecter les températures actuelles en Afrique du Sud mais... Deux raisons m'ont contraint à ne pas respecter ce cycle :
- Primo, je venais de recevoir cette espèce, et avec une canicule comme celle que j'ai connue cet été chez moi je n'avais aucun endroit adéquat pour pouvoir les mettre dans de bonne conditions, en diapause.
- Secondo, après avoir reçu une telle espèce, avec si peu d'ouvrières, sans savoir réellement la provenance de celle-ci (essaimage ou pillage ?). Il y avait un risque, si les ouvrières étaient âgées, de les perdre et de laisser la reine seule ou avec très peu d'ouvrières.
Je leur ai donc confectionnées une cuve verre/PVC avec deux tubes, un sec et un humide pour être sûr de leur préférence sur le gradient d'humidité. J'ai assez rapidement trouvé le miellat apprécié ce qui m'a permis d'avoir une source de nourriture fiable. Dans les jours qui ont suivi malgré avoir réuni les conditions parfaites, je n'avais aucune ponte. En revanche j'avais déjà eu deux décès, c'est là que j'ai commencé à m'inquiéter...
Trois semaines à peu près après leur réception, la gyne s'est mise à pondre, l'effectif n'était plus que de 4 ouvrières, je leur ai donc fournies une attention toute particulière en espérant que la grappe d’œufs soit fécondée.
Quelques mois après, ces demoiselles africaines se montrent au grand jour pour vous dans une vidéo réalisée avec beaucoup de joie. Cela me fait plaisir d'avoir réussi à relancer cette fondation et je pense être sur la bonne voie. Pour l'instant tout va pour le mieux, elles sont trente-quatre et ont un couvain équivalent à quarante futur asservies minimum. La gyne pond beaucoup et je pense tout de même leur faire une diapause en même temps que mes Camponotus endémiques, je vais essayer de les recaler sur un rythme de diapause car je ne veux pas prendre de risque en leur faisant sauter une année. Un peu triste je l'avoue d'être obligé de les stopper dans un si bon développement mais c'est un coup à prendre ! Je pense qu'elles repartiront aussi bien l'année prochaine. J'attends donc les dernières naissances et laisserai les œufs et petites larves passer la diapause.
Je vous laisse pour aujourd'hui, en assez bonne compagnie !
*Qualité HD 1080p disponible
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[Q/R] Camponotus fulvopilosus: https://www.myrmecofourmis.org/forum/vi ... hp?t=19513


