je vais vous parler un peu du sujet d'étude que je fais en ce moment : les Maculineas, papillons de taille relativement petite, le mâle est bleu métallique, la femelle gris-brun.
Tout ce que je dirais est appuyé par de la biblio, mais pour plus de clarté je ne mettrais pas les références, si un point vous intéresse, demandez moi je vous donnerais la référence qui correspond.
D'abord un point sur le genre Maculinea :
Ce sont les azurés les plus grand, représentés par 4 espèces en France. 3 sont liées aux milieux hygrophiles, et 2 aux milieux mésoxérophiles à xérophiles. Oui vous avez bien lu, 2+3=4!
En fait, Maculinea alcon possède deux écotypes (ou deux espèces distinctes selon certaines taxonomiste, pourtant leur génome n'a pas de différence significative). Maculinea alcon alcon préfère les milieux humides, tandis que Maculinea alcon rebeli vit sur les pelouses sèches/calcicoles.
Je ne travaille que sur les 2 espèces présentes en Picardie : Maculinea arion, l'Azuré du Serpolet, et Maculinea alcon rebeli, l'Azuré de la Croisette.
Les deux espèces pondent au début de l'été sur leur plante hôte : Gentiana cruciata (la Gentiane Croisette) pour M. rebeli et le genre Thymus pour M. arion (et également Origanum vulgare en proportion croissante au fur et à mesure que l'on va vers le Sud).
La chenille se nourrit des carpelles des inflorescences, puis se laisse tomber au sol. Elle appâte alors des fourmis du genre Myrmica grâce à des phéromones, et celles-ci la ramènent dans leur nid. La chenille passe ainsi l'hiver dans la fourmilière, nourrie par les fourmis pour l'Azuré de la Croisette, ou dévorant carrément le couvain pour celui du Serpolet.
Des études ont même montré que la chenille reproduit non seulement les phéromones de la colonie, mais en plus elle imite un "son" caractéristique émis seulement par la reine Myrmica lorsqu'elle souhaite manger, d'où la confusion de ces pauvres ouvrières !
Et puis au printemps suivant, la chenille nymphose dans les chambres supérieures du nid, puis prend son envol. Les mâles sortent avant les femelles, ce qui fait que la femelle s'accouple avant même que ses ailes aient séchées pour le premier envol.
Les problématiques qui me concernent sont surtout liées aux fourmis. En effet, les 2 papillons sont menacés en France et tout particulièrement dans le Nord de la France, malgré la présence des plantes hôtes, surtout le thym qui est abondant.
Les fourmis qui sont a priori susceptibles d'accueillir M. arion sont de l'espèce Myrmica sabuleti tandis que les chenilles M. rebeli sont moins spécifiques (ce serait la stratégie la plus évoluée), mais le suspecte M. scabrinodis d'être l'hôte principale sur mon secteur. En fait, je ne cite ici que les hôtes principaux, qui offrent à la chenille une probabilité de survie d'environ 15%, tandis que d'autres espèces, dites hôtes secondaires, sont 5 fois moins efficaces. De plus, les chenilles se concurrencent entre elles, donc s'il y a trop de chenille par nid, aucune ne survivra ( c'est surtout vrai pour M. arion, car le couvain est limité !). Trop de chenilles M. arion peuvent même causer la fin de la colonie.
Alors pourquoi trouve-t-on plutôt une espèce de Myrmica qu'une autre ?
En fait, ces dernières ont des exigences de températures et d'humidité très précises, et donc c'est de façon indirecte la hauteur de l'herbe qui joue. En Angleterre, seul M. arion était présent. Mais suit à l'épidémie de Myxomatose, il disparu. Quel est le lien ? Les conservateurs n'ont pas fait le rapprochement au début, mais les lapins étaient les seuls a maintenir les pelouses rases, par leur "pâturage" (je trouve ça étrange de dire qu'un lapin pâture mdr), et suite à leur disparition (97% des lapins sont morts de la myxomatose en Angleterre), + le retrait des moutons du bord des falaises (ils tombaient dans le vide.. c'est débile un mouton !
Voilà, en gros, le sujet, n'hésitez pas à me demander si vous souhaitez que j'approfondisse un point, je n'ai bien évidemment pas mis tout ce qui se retrouve dans les publications.
J'espère que ce n'est pas trop indigeste ! Quand je me lance, j'ai du mal à m'arrêter !
Je demanderai peut-être de l'aide lorsque j'aurais des doutes sur l'identification des Myrmica, groupe assez difficile.
Hasta luego !
Edit : Un petit détail que j'ai oublié d'ajouter, le genre Maculinea n'existe plus en tant que tel, il a été rattaché au genre Phengaris, donc normalement on devrait dire Phengaris arion (la versatilité des taxonomiste est légendaire !





