Lieu de prélèvement :
Commençons par le commencement, cette espèce que l'on peut retrouver sous différentes latitudes au climat tropical est notamment présente en Guadeloupe, là où j'ai eu la chance de pouvoir récolter quelques reines. Les 2 reines que j'ai gardé ont été récoltées respectivement le 12 et le 16 juillet 2017, dans une petite bourgade du nom de Pigeon (commune de Bouillante pour situer un peu).
Climat :
La Guadeloupe possède un climat à 2 grandes saisons, la saison sèche de janvier à juin, suivie de la saison humide de juillet à décembre. La température restant globalement constante, entre 23 et 28 degrés de moyenne tout au long de l'année mais montant localement bien au dessus de ses valeurs. Néanmoins, la terre joue un excellent rôle d'isolant, la chaleur dans les nids souterrains reste ainsi plutôt stable entre 24 et 28 degrés, inutile donc de les chauffer à 34°!
Biotope :
Pour ce qui est du biotope de cette espèce à l'état naturel, on la trouve dans les forêts humides et même parfois dans les jardins. Les colonies nichent sous les pierres ou plus rarement dans le sol directement. Elles semblent apprécier la forte humidité conservée sous les pierres ainsi c'est une variable à bien prendre en compte pour le maintien en captivité.
Comportement in natura :
De ce que j'ai pu observer de leur comportement sur place dans la nature, les ouvrières fourragent seules, aussi bien de jour que de nuit, mais évitent les zones trop à découvert (sol nu par exemple) et trop exposées au soleil.
Bien évidemment, il faut parler de ce qui fait la spécificité de cette espèce, cette mandibule ultra-puissante qui leur sert à la chasse et qui se referme après contact des poils senseurs avec un objet dans un temps record (mouvement le plus rapide du règne animal).
Pour ceux que ça intéresse, le fonctionnement de la mandibule est extrêmement bien décris dans le fameux livre de Luc Passera et Serge Aaron.
À noter que cette espèce possède également un aiguillon dont elle sait se servir lorsqu'elle se sent menacée (demandez à mon pouce droit si vous ne me croyez pas
À part cela, sa morphologie longiligne lui permet un déplacement assez rapide (pour une fourmi bien évidemment, sur 100m je pense que chacun d'entre vous la bat à plates coutures). Au contraire de la plupart de nos fourmis endémiques, cette espèce est incapable de grimper aux parois verticales lisses (verre, plexi...) ce qui est tout de même rassurant lorsqu'on garde ce genre d'espèce en captivité), bien évidemment, j'appliquerai tout de même un anti-évasion sur les parois de mes aires de chasses qui sont de toutes manières fermées par un plafond.
Une dernière particularité de cette espèce, qu'elle partage avec beaucoup de fourmis primitives est son excellente vision (les ouvrières se repèrent dans l'espace en mémorisant des images des endroits où elles passent). Qui dit bonne vision dit beaux gros yeux, voyez par vous-même :
Ce sera tout pour ce premier billet à valeur uniquement descriptive et explicative, dans le prochain billet qui arrivera d'ici 1 semaine, je me pencherai sur les spécificités de mon installation pour ces jolies bébêtes ainsi que sur les comportements observés jusqu'à présent en captivité.
Merci à toi qui a eu le courage de lire jusqu'ici, j'espère que ça t'as plu et que je ne t'ai pas trop ennuyé, à très vite.
Q/R : https://www.myrmecofourmis.org/forum/vi ... 30&t=25319


