Bonjour à toutes et tous

!
Alors même que je pensais dans le précédent billet que cette toute jeune
fondation de
Camponotus turkestanus ralentirait son développement courant novembre pour doucettement se préparer à la
diapause, bien au contraire, l'évolution de l'organisme s'est accélérée. Assistée de huit nouvelles corvéables dont quelques beaux spécimens portant ainsi l'effectif global à l'heure précise où je vous noircis ces quelques lignes à dix (car deux ouvrières de la première portée sont mortes quelques jours après le précédent billet), la
gyne s'est mise à pondre une palanquée d’
œufs ; une vingtaine pour être plus précis. Il est important de noter qu'il reste trois
cocons qui devraient probablement éclore dans les jours prochains.
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- Camponotus turkestanus (03/11/18)
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- Camponotus turkestanus (21/11/18)
Actant de la territorialité supposée de cette espèce précise de par son nom latinisé et relevant par la même des températures oscillant entre dix degrés le jour et trois degrés la nuit en ce mois de novembre, je me suis évertué à en respecter scrupuleusement la courbe. Outre le fait que les ouvrières ne semblent aucunement ralenties par cette froidure, j'ai noté avec amusement le manège d'une fondation déplaçant consciencieusement ses
larves et autres œufs du tube à essai sec vers l'humide et vice-versa selon l'heure de la journée. Je fus très surpris de constater que la fondation se comportait de la même manière quand bien même je l'avais laissée à température constante trois jours durant, trois cycles entiers si vous préférez. Mais si il y a bien une chose qui m'a plus encore interloquée en comparaison avec nos
Camponotus endémiques du nord de la France, c'est que leur niveau d'activité n'avait pas bougé d'un iota. Stupéfaction donc... Une corvéable énergique, culottée à tout le moins ne ralentissant pas encore son rythme au gré des températures ! Que penser alors ? Ces corvéables proviendraient-elles d'un autre endroit du globe ou... je penche plutôt pour cette option, ont-elles besoin d'une diapause un peu plus rigoureuse que nos
C. ligniperda pour ne citer qu'elles ?
Aujourd'hui, je suppute qu'il va me falloir détecter précisément le degré qui les endormira sans pour autant les occire ; ce pourquoi j’oscille actuellement entre quatre et cinq degrés centigrade. Quoi qu'il en soit, le mois de novembre n'est pas en qui me concerne le mois qui sonne la diapause des
C. turkestanus mais serait plutôt celui de décembre. Comme je vous l'ai écrit plus haut, la gyne vient de pondre une nouvelle grappe d’œufs et il est logique que ces derniers n'arrivent pas à terme avant leur endormissement naturel ou provoqué par leur corvéable en chef. Ce week-end, je vais donc leur glisser deux
Blatta lateralis mâchouillées avec amour et leur donner quelques grosses gouttes de mon
miellat fait maison histoire qu'elles soient bien gavées pour leur mois de décembre qui s'annonce... glacial.
Je vous laisse donc avec une petite vidéo des toutes belles divisée en deux parties ; la première a été filmée début du mois et la seconde il y a deux jours.
Mise à jour du 21 décembre 2018
Comme je vous l’ai promis semaine passée sur le forum, voici donc une brève mise à jour de ce blog.
Le 1er décembre, consciencieusement et selon mes observations rigoureuses, les corvéables ont donc été mises en diapause à une température de 4 degrés Celsius afin d'être en parfaite adéquation avec les hivers rigoureux de leur
biotope d'origine. Après trois semaines de repos et de diète, j'ai décidé de les sortir une journée entière du réfrigérateur afin de leur octroyer la possibilité de facilement se sustenter d'un quartier finement émincé d'une succulente Blatta lateralis dans la fleur de l'âge et, comble du raffinement, d'une gouttelette de mon non moins exquis "miellat des grands jours" !
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- Camponotus turkestanus (21/12/18)
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- Camponotus turkestanus (21/12/18)
Comme vous pouvez vous en douter, je les ai régulièrement observées et ai été ravi de constater que la froid rigoureux auquel elles étaient soumises n'avait pas eu le moindre impact ; en cela qu'aucune ouvrière ne manque à l'appel, pis encore une est même née... portant leur effectif à onze. Mais si il y a bien une chose qui m'a surprise, c'est que cette température de 4 degrés n'a que peu d'effets sur leurs comportements habituels ; elles tentent de se nourrir, baguenaudent à une vitesse quasi normale dans leur tube à essai et affrontent le blizzard de leur petite aire de chasse... Hum, c'est quand même la première fois qu'une
Camponotus me fait ce coup ! Cette région du monde abrite de bien curieuses corvéables, non ? ^o^
Demain matin, je vais donc les remettre dans leur antre de glace en prenant bien soin de ne pas provoquer de choc thermique pour ne les sortir que fin janvier ou plus tardivement en février. Nous verrons bien.
Sur ce, je vous souhaite d'excellentes fêtes de Noël et... comme de bien entendu des cadeaux par milliers !
Pour les remarques et questions éventuelles.
[Q/R]
Camponotus turkestanus
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