Dans mon jardin j'avais une grosse colonie de
Formica sanguinea et deux petites colonies de cette espèce, des
fondations récentes sur des serviformicas, en limite du territoire sillonné par les grosses ouvrières de la grosse colonie de sanguines.
Les reines étaient sûrement issues de mon
nid principal, car les sanguines sont rares en Dordogne.
Je n'en connaissais que deux autres nids respectivement à 3 km et à 20 km , contrairement aux
Polyergus qui abondent.
De plus j'avais plusieurs fois vu des
gynes sanguines dés-ailées suivre les pistes des ouvrières de leur espèce sur mon terrain.
Ces deux colonies mixtes n'étaient pas pillées par les sanguines.
Un jour, je vois une sanguine de petite taille fuir avec un
cocon entre les
mandibules et des serviformicas seules ou chargées faire de même.
M'approchant sur la pointe des pieds du nid, je vois une
Polyergus rufescens retardataire sortir du petit nid de sanguines.
(ces sanguines étaient petites et de couleur foncée, des premières nées de la première et seconde génération, tandis que celles du nid principal se distinguaient par leur grande taille presque 10 mm leurs couleurs vives et orangées).
La
Polyergus est seule, et remontant sa ligne de fuite, je ne tardais pas à retrouver la colonne de pillardes portant des cocons mixtes, ceux de sanguines étant nettement plus gros que ceux des petites serviformicas.
Cette colonie a disparu ensuite la reine ayant sûrement été mordue par les
Polyergus lors du raid.
J'ai constaté plusieurs fois ce comportement dans d'autres circonstances par les prédatrices sanguines sur les
F.rufibarbis et
F. rufas sp et les
Polyergus rufescens sur
F.sanguinea parfois sur certaines reines
F.rufibarbis.
Lors des raids de
Polyergus sur
F.cunicularia et
F.rufibarbis , il est commun que pondeuses et ouvrières sortent des galeries et attendent stoïquement que le
pillage finisse .
Tout autour de chez moi il y a plusieurs colonies de
Polyergus et je vois fréquemment leur colonnes de raids entre 16 h 30 et 19 h.
J'ai vu une colonne de
Polyergus rufescens traverser lors d'un raid contre des serviformicas, un dôme de
Rufa pratensis impunément et en alertant à peine celles-ci à l'aller et au retour.
C'était en pleine chaleur et il y avait peu de rufas sur celui-ci.
Une fois une ouvrière isolée de
Polyergus rufescens , s'aventure vers 14 h en plein soleil sur le territoire patrouillé de la grosse colonie de sanguines.
Très vive, je l'ai vu esquiver la première rencontre face à une sanguine qui a pris une position d'alerte:
Abdomen recourbé sous le ventre, pattes dressées et mandibules ouvertes.
Rapidement la
Polyergus s'est détournée et est repartie vers la zone neutre ou j'ai arrêté de la suivre.
Cette rencontre s'est faite à plusieurs mètres de la grosse colonie de
F.sanguinea .