J'ai une colonie de Pseudomyrmex sp. "noire" et une de Pseudomyrmex cf. pallidus provenant du même fournisseur allemand.
Bien que leurs couleurs divergent, elles ont pratiquement le même comportement, je ne ferais donc qu'un seul et même suivi.
Pseudomyrmex sp "noire" :
J'ai obtenu cette colonie avec une cinquantaine d'ouvrières et un bon couvain, début juin.
Elles sont très agiles et rapides mesurant dans les 7 mm toutes brunes. Très curieuses elles ne se cachent pas et ne paraissent absolument pas stressées quand aux vibrations extérieures.
Elles sont installées dans une cuve de 35*35*40, chauffée par une lampe à 28°C voir 30°C. Pour l'hygrométrie en plus des pulvérisations hebdomadaires, je laisse une coupelle remplie de gravier toujours pleine. J'obtiens ainsi le matin et le soir 80% tandis que la journée ça descend vers les 50/60%. Ces dames ne sortent quasiment pas quand il y a plus de 70%.
J'ai mis à disposition des branches creuses, des tiges de bambou fixées aux parois et des Tillandsias accrochées à des lianes à différentes hauteurs et coins de la cuve. C'est dans une Tillandsias qu'elles ont décidé de nicher.
Vers mi juillet j'ai eu droit à l'envol d'une dizaine de sexués pendant bien une semaine. Suite à ça, deux autres Tillandsias ont été colonisées. Des ouvrières sont "attribuées" à chaque nid et il n'y a aucune animosité entre les groupes, tout le monde se retrouvant autour de la gamelle.
Pseudomyrmex cf pallidus :
Début aout c'est sur ces perles dorées que j'ai craqué.
Elles sont arrivées avec une vingtaine d'ouvrières, deux gynes, quatre princesses et deux mâles, rien que ça ! Le lendemain de leur réception, les sexués étaient en pleine transe tôt le matin, et j'ai pu voir une princesse se désailer mais je suis arrivée trop tard pour assister à l'accouplement.
Je les ai ensuite transférées dans un aquarium de 70L planté toujours avec des lianes, des Tillandsias et des branches creuses. Contrairement aux autres, elles ont préféré s'installer dans les branches. Deux sont peuplées, complètement à l'opposé l'une de l'autre, je vois souvent des petites faire la navette entre les deux nids.
Si au début elles restaient prudentes, c'est chose finie aujourd'hui. Elles se baladent partout et ont bien pris connaissance de leur territoire. De moins en moins farouches, elles ne partent plus se cacher quand j'ouvre et fais un ramdam pas possible avec le couvercle. Ayant une très bonne vue, je pense qu'elles se sont habituées à moi et ma paluche qui les nourrie : ramdam = nourriture. C'est pourquoi elles patientent juste à côté et se dirigent droit vers la gamelle ensuite. Les noires sont moins téméraires bien que plus nombreuses, elles continuent leurs occupations mais à bonne distance.
Question nourriture les deux se rejoignent : elles mangent de tout ! Drosophiles (+ de 3mm sinon elles les snobent), blattes, vers de farines, crevettes, poulet, banane... Beaucoup moins exigeantes que certaines Camponotus.
Pour ces espèces en fait le plus dur est de reconstituer leur environnement, de jongler entre forte chaleur et humidité mais tout en aérant suffisamment pour éviter les moisissures. Pas évident au début mais quand tout ça tourne rond c'est un vrai plaisir d'avoir ce 'tit coin de verdure avec ces belles dames gambadant partout.
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