Bonjour à tous,
J’ai récemment fait l’acquisition d’une espèce exotique de fourmis.
Et je vais vous faire partager l’évolution de cette jeune colonie, en espérant pouvoir aller le plus loin possible.
C’est une espèce relativement méconnu que l’on ne rencontre pas tous les jours dans les élevages. Alors si vous avez des doigts croisez en un max
Les présentations :
Maximus : gyne Camponotus nigriceps originaire d’Australie du Sud Est, dans les environs de la région de Sidney. Le climat est subtropical et les hivers sont humides. Cette espèce niche dans les sols argileux et apprécie une humidité relative de l’ordre de 50% la journée et 75% la nuit. La gyne mesure entre 19 et 22mm, est de couleur noire avec les pattes jaunes.
C’est partie ; début de l’aventure :
Mardi 26 fevrier 2008.
La commande quitte l’Allemagne dans l’après midi. Arrivée possible pour vendredi 2902. Le problème, c’est que je ne serai pas la avant dimanche soir (le 0203). Il faut donc espérer qu’il ne fasse pas trop froid.
Commande passée sur le site Ants kal*tta (http://www.ants-kal*tta.com/home.php) : au passage merci à Etii qui m’a fait connaître ce magasin en ligne, que je ne connaissais pas et que je recommande pour son sérieux et la qualité de ses animaux. Rien à voir avec antst*re avec qui beaucoup de gens on eu des problèmes (moi y compris) et que je ne recommande pas du tout [pour les animaux, après pour les bricoleurs, ils ont du matos] fin de l’aparté !
Avant d’avoir passé cette commande chez Gerhart kal*tta, j’ai pu correspondre avec lui à plusieurs reprises et j’ai pu lui acheter cette colo alors qu’elle n’était pas disponible en ligne. J’ai également pu la voir en photo avant et je savais combien il y avait d’ouvrière, ce qui évite les mauvaises surprises.
Voici les photos que j’ai reçues :
Il existe plusieurs sortes de Camponotus nigriceps, dont une avec les pattes rouges orangées ou jaunes orangées. Mais cette sous espèce (si on peut l’appeler comme ça) possède le thorax de la même couleur que les pattes ce qui rappelle un peu les ligniperdus. Par ailleurs, la sous espèce avec les pattes jaunes et le corps entièrement noir serait aussi un peu plus grande que la première, de 1 ou 2mm.
NOTA BENE : Précisions sur le Blog de Maximus, Camponotus nigriceps.
Ce Blog, n'est destiné qu'à faire partager les informations, connaissances et expériences de son auteur (comme tous les blogs, topics, forums, ect…). S'il n'apporte rien à certains, il aura peut-être le mérite d'en divertir d'autres. Il n'est pas destiné à plébisciter cette espèce ou à influencer quiconque à reproduire cette élevage.
Je tiens à préciser ici que j'assume pleinement mes responsabilités quant aux risques liés dans le choix de l'espèce. Je tiens à rajouter qu' aucune loi de m'interdit de posséder et de maintenir en captivité une espèce de fourmis non autochtone, tout comme aucune loi ne m'interdirait de maintenir une espèce de blatte ou de grillon exotique (disponible dans la plupart des animaleries spécialisés) si l'envie m'en prenait !
Auteur Mr Propre.
Dernière modification par Anonymous le mer. 16 avr. 2008 01:08, modifié 3 fois.
Bonjour à tous,
Suite des aventures de Maximus, cinq jours après la commande, réception de la colonie.
Dimanche 02 mars 2008
Récupération du colis au soir en rentrant de l’aéroport, je n’étais pas là depuis 5 jours. Le paquet devait être arrivé depuis hier ou avant-hier. Heureusement il ne fait pas trop froid et les ressentes pluies ont permis de gagner 2 ou 3°C, la température devait avoisiner les 14, 15°C. Le colis était emballé dans une boite de polystyrène et équipé d’une chaufferette, comme convenu avec G. kal*tta.
Maximus, la gyne, qui fait bien ses 2cm passé, est non seulement plus grande que Lucius Borenus (ma gyne ligniperdus), mais plus grosse aussi en corpulence. Elle est accompagné de 6 ouvrières et seulement 3 larves dont une plus petite. Ces minors, qui sont des minimes (1ère génération) font déjà 1cm voir plus. J’ai hâte de voir les majors (mais bon, j’ai le temps !). En attendant, elles sont magnifiques avec leurs pattes jaunes et le reste du corps entièrement noir.
J’ai immédiatement relié le tube avec un bouchon troué, transpercé d’un tuyau de 6mm contenant un coton imbibé d’eau sucré. Il n’a pas fallu plus d’une minute pour qu’une ouvrière trouve l’entrée du tuyau et s’abreuve. Une fois le signal donné aux autres, c’est par deux qu’elles voulaient rentrer dedans. Et immédiatement les ouvrières allaient nourrir la reine et le reste de la colonie.
Je les ai laissé à 19°C jusqu’au lendemain pour ne pas trop les brusquer.
Arrivé du tube, vue d’ensemble.
Colonie directement nourrie dans le tube, il n’a fallut moins d’une minute pour que le coton imbibé d’eau sucré soit découvert.
Aussitôt les deux ouvrières fourrageuses nourrissent le reste de la colo et la reine.
Pas beaucoup d’activité le deuxième jour. Elles sont placées à 21°C. J’ai l’intention de les placer à des températures plus élevées, mais pour le moment je les acclimate progressivement car elles sont restées plusieurs jours à des températures plus froides et je ne veux pas provoquer de choc thermique. Maximus m’a fait un peu peur car elle prend une drôle de posture, la tête en bas, et un moment j’ai cru qu’elle était morte. J’ai relié le tube avec une ADC de ma confection. J’ai disposé dans l’ADC une petite capsule avec un morceau de P40, un gros granulé et quelques micros granulés. Une autre capsule avec un coton imbibé de liquide sucrée que deux ouvrières se sont fait une joie de venir siroter.
L’ensemble de mes ADC avec tube reliés.
Dès la nourriture trouvée, un petit échange.
J’en profite pour inclure dans le blog des photos de la sous espèce aux pattes rouges. Ici elles sont dans un nidBC assez pratique pour leur offrir un taux élevé d’humidité mais très peu esthétique. Largement utilisé en Allemagne ces nids sont appelés Ytong.
Transfert du tube dans un module de fondation de fabrication perso. Ce module fait 10,5cm de long sur 4,5cm de large et est composé de 3 galeries de 2,5cm de diamètre. La première galerie étant isolée des autres sert de réserve d’eau. L’eau en s’évaporant se condense sur la paroi en plexi et se diffuse par capillarité, augmentant l’hygrométrie des autres galeries et permettant aux fourmis de capter l’humidité dans l’air par des stigmates hydrostatiques (en théorie).
C’est modules offrent tout d’abord, la possibilité de nourrir les fourmis proprement en évitant les risques de noyades et autres englutinages (je sais c’est pas Français, m’enfous). La nourriture est dispensé par un tube relié directement au module et peut être changé tous les jours (nourriture liquide sur un coton) ou laissé jusqu'à épuisement du stock (micro granules, paillettes, graines, etc…). Ensuite, ils permettent d’être chauffé sans crée une buée excessive à l’intérieur de l’habitacle comme c’est le cas avec les tubes à essais. Et enfin ils offrent une meilleure visibilité pour l’observation des fourmis.
Ce module est mon cinquième du genre, il est pourvu d’un système de glissière qui permet d’ouvrir ou de fermer d’un simple coup de pouce. Beaucoup plus pratique que mes précédant modules avec vis.
Le transfert c’est effectué de la façon suivante : une fois le tube ouvert, j’ai fait tomber les premières ouvrières dans l'ADC et ensuite quand la reine a commencé à glisser, je l’ai fait tomber tout doucement dans le module que j’ai refermé tout de suite. J’ai ensuite fait tomber les autres ouvrières et les larves dans l’ADC. Il ne restait plus qu’a relier le module avec l’ADC. Une ouvrière est tout de suite venue rejoindre la reine. Les autres mettront un peu plus de temps, mais au bout d’une heure tout le monde étaient rentrés dans les galeries.
Température ambiante 23°C.
Photos du module de fondation. Ces modules remplacent les tubes à essais.
Photo d’un module avec vis pour Camponotus ligniperdus. On distingue bien la zone humide
Pas énormément d’activité maintenant qu’elles ont bien mangés, il ne leur reste plus rien à faire. Une ouvrière est régulièrement surprise à succès un gros granule dans l’ADC, je ne sais pas vraiment si elle en mange, mais ça y ressemble. Pour le reste, c’est liquide sucré, vitaminé, tout simplement.
Le module (M5) avec l’ADC on été placé dans mon meuble chauffant avec les autres colonies. La température à chaque étage est au point chaud (au centre) de 35°C. Ca vous parait énorme mais il y a un gradient thermique, heureusement. Dés qu’on s’éloigne un peu du centre, la température tombe à 30°C (toujours au niveau du sol). Vu que les nids, les modules ou même les tubes sont légèrement surélevé (avec les feutres sous les nids) la température dans les nids avoisine les 26< <27°C. Il me suffit de rapprocher ou d’éloigné un nid du centre pour jouer sur la température. Généralement, j’observe le comportement des fourmis : si elles s’installent dans la partie la plus loin du centre, c’est qu’elles ont trop chaud. Mais généralement c’est l’inverse : elles se rapprochent toutes de la source de chaleur. Mais j’évite quand même de les mettre trop près du centre.
Viande hachée en tube s’il vous plait. Je ne sais pas si elles y ont touché ? Les autres fourmis en mangent généralement. Je ne les ai pas vu mangé car il faut dire que ces fourmis auraient des meurs plutôt nocturnes, ce qui est le souvent le cas des grosses espèces comme les Camponotus giga qui ne sortent que la nuit pour éviter certains prédateurs diurnes. Ca m’arrive assez souvent de surprendre une ouvrière la nuit dans l’ADC, mais des qu’elle voit de la lumière, elle ne reste pas longtemps et rentre dans le nid.
Vendredi 070308.
Aujourd’hui, au menu, œuf battu, sucré et vitaminé. Mais comme hier, je ne peux pas dire si elles en prennent.
Peu d’activité en général, vivement la centaine d’ouvrières, mais je crois qu’il va falloir être très patient (et ne pas merder).
De temps en temps une ouvrière pointe le bout d’une antenne à l’entrée du tuyau qui sépare le module de l’ADC, elle fait un tour rapide et rentre aussitôt.
Même si je ne les vois pas souvent manger, la reine présente une belle physo et les ouvrières ne sont pas maigre non plus.
Samedi 080308.
J’ai mis un cache en plastique rouge transparent sur le module au dessus de la chambre royale. Le but étant de leur offrir un peu plus d’obscurité et de permettre à la gyne d’être moins stressé. Je sais certains diront que c’est inutile car elles s’habituent à la lumière et que ça gâche la visibilité, et bien, peut-être qu’ils ont raison. Mais je préfère que mes colos en fondation soient dans les meilleurs conditions possibles, y compris dans le calme et dans l’obscurité. N’oublions pas qu’un des premiers reflexes de survie chez les insectes et de se cacher et que le stress peut les tuer. De plus chez les Campos, les gynes stressées ont tendance à bouloter leur couvain. Généralement, j’utilise cette méthode avec toutes mes fondations et j’enlève le cache quand la colo a suffisamment bien démarré. Elles s’habitueront ensuite très bien à la lumière. Laissons-leur encore un peu d’intimité.
Belle physo de Maximus (photo prise avec une loupe)
Etage du Module (avec le cache rouge) de Maximus avec sont ADC. Pour voisin, les tranquilles Temnothorax dans leur fourmilière en plexi.
Pas beaucoup plus d’activité aujourd’hui.
J’ai mis un réservoir de liquide sucré et vitaminé relié au module par le trou d’alimentation. Cette petite réserve de 3 ml est constitué d’un petit réservoir de type labo, coupé a sa base, relié à un morceau de tuyau et bouché avec un coton. Ce système a l’air de marcher un temps mais le coton fini par devenir sec car le liquide sucré ne semble pas descendre suffisamment.
Cela dit, Maximus présente une belle physogastrie. Soit elle est convenablement nourrie, ce qui me ferait très plaisir. Soit c’est une forte activité des ovaires, ce qui me ferait encore plus plaisir.
Après vérification faite à la binoculaire, sur les trois larves, deux seraient assez grosses, ce qui est une bonne nouvelle. Mais ce qui est une nouvelle encore plus qu’elle est bonne (mais si ça se dit), c’est la présence de trois œufs tout frais.
L’observation n’est pas très aisée car le module et l’ADC sont en deux parties et la jonction entre les deux, par un tuyau en plastique souple, a été calculée juste. Ce qui veut dire que pour séparer et assembler les deux éléments, il faut forcer un peu et ce n’est pas facile sans provoquer de tremblement de terre au niveau myrmicéen. Donc pour la bino, ce n’est pas tous les jours possibles. De plus dans le meuble chauffant, si je veux voir de plus près, à la loupe par exemple, il faut que je rentre la tête à l’intérieur, ce qui n’est pas très pratique non plus, il faut bien en convenir. Et la j’en entends déjà dire : je t’avais bien prévenu ! Mais c’est pas grave, car comme disait un grand philosophe Ouzbek dont j’ai oublié le nom : « who dare win ».
Morale de cette histoire (car dans chaque morale, il y a une histoire), c’est qu’il va falloir commencer à réfléchir à un autre système d’ADC plus petit et plus pratique pour les manipulations.
Changement du réservoir d’eau sucré, avec un bout de coton plus petit pour laisser passer plus de liquide. Celui la devient sec et ne se ré humidifie pas !
Thon au menu (Albacore, s’il vous plait). Et celui qui me dira que les fourmis non jamais vu la mer et bien il se trompe.
L’autre jour au boulot, j’ai pu observer une jeune colo de Lasius emarginatus qui avait fait son nid derrière un frigidaire et qui venait faire ses courses sur le plan de travail de la cuisine dans la salle de pause. J’ai mis un petit morceau de thon sur leur lieu de passage et une heure plus tard quand je suis revenu j’ai pu prendre quelques photos de ces fourmis marins pécheurs.
En tous cas mes Camponotus nigniceps en mangent aussi !
Aujourd’hui est un jour de joie mais aussi un jour triste. En effet les deux grosses larves se sont tissées un joli cocon chacune. Mais pas de trace des œufs. Je ne suis pas sur qu’ils aient disparu mais je ne les ai pas vu. Il faudra attendre que je puisse vérifier à la bino.
A partir de ce moment, je présume qu’il y a toujours trois œufs, mais je n’en suis pas sur. Donc je continuerai à reporter le dernier chiffre constatée mais avec un point d’interrogation à coté. De tel sorte que si à un moment donné je constate qu’effectivement il n’y a plus d’œufs pour une raison ou une autre, on ne soit pas trop étonné d’un brusque changement dans les chiffres. Ca avance, doucement mais ça avance ...