Bonjour à tous,
Voici un premier billet pour cette jeune colonie de Pheidole sinica, composée d'une centaine d'ouvrières dont 5 soldats.
Généralités sur l'espèce :
Taille :
Les ouvrières font environ 0,5 cm (de la taille d'une Myrmica rubra, à peine un peu plus petit).
Les Major font (pour les miens), 0,7 cm (mais je pense qu'ils peuvent être plus grands).
La reine dépasse largement le centimètre (1,5 cm).
Température :
Cette espèce issue d'Asie du Sud Est évolue dans un milieu tropical et demande une humidité assez forte (50 à 70%) et une température de 22 à 30 degrés.
Nourriture :
Elles sont omnivores, apprécient les liquides sucrés, et sucrés protéinés, je dirais qu'elles sont plus enclines à en manger que les Pheidole pallidula. De plus, elles sont capables d'une physogastrie tout à fait raisonnable.
Elles mangent tous types d'insectes de petites tailles, blattes, criquets, mouches, moustiques.
Elles apprécient également les graines, comme le sésame entre autres.
Point important :
C'est une espèce qui déteste la lumière, et qui déménagera dans un nid mis à l'obscurité en quelques secondes.
Evasion :
Beaucoup plus grandes que les P. pallidula, elles sont un peu plus faciles à contenir, d'autant qu'elles ne sont pas aussi à l'aise sur les parois verticales. Par contre, elles ont comme toutes les Pheidole un vrai don pour détecter les portes ouvertes. Que votre bouchon saute et dans les 3 minutes c'est 5 ouvrières dehors même si aucune n'était dans l'ADC. Je ne sais pas comment elles font mais cette détection est vraiment très efficace.
Le dispositif :
Voici tout d'abord le dispositif entièrement fermé comme il se doit pour ce genre d'espèce.
Une vue globale du vivarium divisé en deux que je me suis résoudre à acheter pour plus de sécurité après avoir bricolé un vivarium moi même pour mes Camponotus nicobarensis :
Une vue latérale :
Voici la partie nid :
La partie ADC (j'ai profité du temps calme de la mi journée pour prendre des photos, cette espèce étant plus active le matin et le soir).
Ne vous fiez surtout pas aux apparences de propreté, votre serviteur est passé par là car cette espèce est je pense, la plus crade qui soit dans l'ADC. Le nid est quand à lui bien entretenu par les fourmis.
Les conditions de vie :
Humidité : entre 50 et 60 % dans l'ADC et un peu plus dans le nid.
Température : 21 la nuit et 28 le jour.
chauffage le jour à la lampe chauffante, et la nuit avec tapis chauffant situé non pas en dessous (car ça faisait beaucoup trop de condensation, mais sur le dos du vivarium).
Le nid :
Comme il s'agit plus d'une expérimentation pour moi qu'autre chose, je n'ai pas forcé sur l'esthétisme du nid (enfin à mon goût car comme vous le savez, je ne suis pas un grand fan de ce genre de nid très épuré).
Il s'agit d'un nid tout simple, une boîte à bijoux, avec dans le fond un mélange de sable, ciment et argile que j'humidifie par les petits trous situés sur la plaque de plexiglas du dessus (j'ai percé cette plaque de nombreux trous car l'humidité était trop forte sinon, il fallait aérer).
Donc le nid :
Ce nid est bien entendu trop grand, mais comme elles le gardent propre, ça ne pose pas de grands soucis pour l'instant.
Les Pheidole sinica :
Maintenant petite revue d'effectif avec ma qualité médiocre de photo habituelle...
- Tout d'abord celle qui est démesurément grande à coté des ouvrières, la reine (environ 1,5 cm)...
- Les ouvrières :
Comme vous le verrez, elles sont dotées de mandibules très solides :
- Ceux qui font la célébrité de l'espèce, les soldats :
Vous noterez la tête démesurée et les mandibules très fortes. La tête est proportionnellement plus grande que celle des major de Pheidole pallidula, ce qui leur donne une apparence assez particulière, le thorax et l'abdomen font presque ridicule à coté (voir photo suivante) et on a l'impression que c'est un effort important pour elles de lever la tête (ce n'est qu'une impression car à la moindre contrariété, les soldats lèvent la tête pour mordre qui s'y frotte).
Enfin une petite photo de famille avec le couvain.
Le couvain est sain, pas mal de nymphes prêtes à naître, de belles larves, et quelques œufs. Pour l'instant pas d'inquiétude, elles semblent se plaire dans ce dispositif.
Wait and see...
En attendant la suite, vos questions, conseils et remarques c'est ici :
https://www.myrmecofourmis.org/forum/vi ... hp?t=16195
[Blog] Pheidole sinica de Raphaël
Règles du forum
Charte du Forum et Code de Déontologie du Myrmécologue
Charte du Forum et Code de Déontologie du Myrmécologue
- raphael35
- Ancien modérateur

- Messages : 2288
- Inscription : dim. 24 mars 2013 17:14
- Localisation : Ille-et-Vilaine (France)
- Genre :
- Contact :
Re: [Blog] Pheidole sinica de Raphaël
Salut,
Voici quelques nouvelles de cette espèce rare en élevage et très mal connue, les Pheidole sinica.
Tout d'abord ma colonie.
J'ai un peu ramé, tout en connaissant la cause de mes soucis. En effet, j'avais prévu dans le nid 2 pièces dotées de cailloux blancs dans les quelles je devais mettre de l'eau qui ensuite se serait diffusée dans la semelle du nid.
Le soucis c'est que j'avais mal évalué la force de ces dames, et elles m'ont viré mes cailloux pour s'installer directement sur le plexi dans cette zone. Du coup, pour humidifier, il a fallu percer des petits trous dans le nid et déposer quelques gouttes régulièrement directement sur la semelle du nid. Bref, idéal
.
L'humidification se faisant mal et par à coup, elles n'ont forcément pas apprécié, du coup la gyne a stoppé sa ponte pendant près d'un mois. Je n'ai pour autant pas déplorer de grande mortalité et ça ne m'a pas inquiété plus que ça, de toutes façons je n'avais pas vraiment le temps de m'en occuper énormément et comme l'appétit était toujours là, je me suis dis qu'elles faisaient comme les Pheidole pallidula, des périodes de pause.
Comme je le fit à mainte reprises en élevant des P. pallidula par le passé, au bout d'un mois j'ai décidé de réveiller tout ce beau monde en la ramenant en tube.
Pour les faire déménager rien de plus simple, un tube dans de l'aluminium bien sombre et le nid découvert en pleine lumière. 1 heure après tout le monde était dans le tube.
Elles sont donc revenues en tube il y a une semaine et la ponte a repris, des larves sont au rendez vous et ça semble reparti.
Au final, était ce à cause de mon nid, était ce une espèce de diapause, c'est une bonne question dont je n'ai pas la réponse...
Voici quelques photos :
L'installation actuelle :
La colonie en tube : (vous remarquerez quelques larves bien dodues à droite près du coton).
De bons oeufs en quantité :
Et la photo la plus mauvaise du monde montrant la silhouette des soldats (toujours au nombre de 5).
Concernant maintenant plus généralement les moeurs de cette espèce.
- Hygrométrie de 70-80 % c'est bien. Par contre, elles n'aiment pas les substrats humides, et privilégient toujours de s'installer directement sur le plexi. A mon avis, un élevage en tube peut être très intéressant pour cette espèce. Voir en nid plexi mais super humide et sans condensation !
- Lumière : Cette espèce a une sainte horreur de la lumière, que ce soit pour le nid et j'ai constaté même pour l'ADC. Probablement un reste de comportement issu de la forêt. Il est donc à mon sens très déconseillé de les chauffer directement avec une lampe.
- Température : J'observe une meilleure activité aux alentours des 26 degrés. Passé les 28 elles ne sortent plus de leur nid de même en dessous des 22.
- Alimentation : Malgré sa taille imposante (les ouvrières ont la taille d'une Myrmica sp., les soldats d'une Formica ss. str. et la reine d'une gyne de Camponotus cruentatus) c'est une Pheidole typique.
* Pheidole par son goût pour à peu près tous les insectes. A ce jeu tout de même les grillons arrivent n°1, suivi des blattes, suivi des chenilles. Les mouchent semble par contre peu appréciées même si consommées quand elles n'ont pas le choix. A noter leur nette préférence pour les proies vivantes ou fraichement tuées (je parle des blattes et des grillons je n'ai jamais testé avec un insecte sauvage).
* Pheidole par son goût pour les graines. A ce jeu aussi ce sont les graines de Sésame qui l'emportent. Celles de pissenlits ne sont pas du tout consommées.
* Pheidole par ses caprices pour les liquides sucrés. Au final, elles n'apprécient pas le miel, et préfèrent simplement l'eau sucrée.
Difficulté :
Pour moi, c'est une espèce relativement simple, mes déboires sont uniquement dus à mon nid inadapté et à mon manque de temps. Sinon ça n'est pas plus difficile qu'une P. pallidula.
Evasion :
Bien moins compliquées que les P. pallidula, les ouvrières sont moins rapides et moins douées pour l'escalades. J'ai néanmoins une ADC fermée comme il se doit avec les Pheidole exotiques.
Attrait :
Elles sont moins rapides que les P. pallidula, moins à courir dans tous les sens, néanmoins, ce sont bien des Pheidole par leur vitesse de recrutement et leur capacité au combat. Les soldats sont vraiment spectaculaires, la tête est disproportionnée et leur arrivée sur la scène de chasse fait penser à l'arrivée d'un char Leclerc sur un chant de bataille. Elles arrivent, elles donnent deux coups de mandibules qui coupent la proie en deux et repartent toujours sur le même rythme.
C'est en tout cas une espèce attrayante, qui n'ont pas le petit charme incomparable des P. pallidula et leur "grain de folie". Après au niveau des soldats, c'est simple soit on adore soit on les trouve difformes tout ça est affaire de goût.
Leur proportion est bien plus accentuée que chez P. pallidula et on se demande comment ils font pour arriver à soulever leur tête.
En conclusion :
C'est à mon avis une fourmis à élever pour les passionnés de Pheidole, les P. sinica sont plus faciles que les Pheidologeton et son très spectaculaires. Je suis heureux d'avoir découvert cette espèce et d'avoir pu l'étudier en la poussant à ses limites minimales et maximales. Maintenant qu'elles sont en pleine forme, je vais très probablement m'en séparer pour la confier à un passionné de Pheidole qui, je le pense, y consacrera tout le temps qu'elles méritent.
Vos Q/R :
https://www.myrmecofourmis.org/forum/vi ... hp?t=16195
Voici quelques nouvelles de cette espèce rare en élevage et très mal connue, les Pheidole sinica.
Tout d'abord ma colonie.
J'ai un peu ramé, tout en connaissant la cause de mes soucis. En effet, j'avais prévu dans le nid 2 pièces dotées de cailloux blancs dans les quelles je devais mettre de l'eau qui ensuite se serait diffusée dans la semelle du nid.
Le soucis c'est que j'avais mal évalué la force de ces dames, et elles m'ont viré mes cailloux pour s'installer directement sur le plexi dans cette zone. Du coup, pour humidifier, il a fallu percer des petits trous dans le nid et déposer quelques gouttes régulièrement directement sur la semelle du nid. Bref, idéal
L'humidification se faisant mal et par à coup, elles n'ont forcément pas apprécié, du coup la gyne a stoppé sa ponte pendant près d'un mois. Je n'ai pour autant pas déplorer de grande mortalité et ça ne m'a pas inquiété plus que ça, de toutes façons je n'avais pas vraiment le temps de m'en occuper énormément et comme l'appétit était toujours là, je me suis dis qu'elles faisaient comme les Pheidole pallidula, des périodes de pause.
Comme je le fit à mainte reprises en élevant des P. pallidula par le passé, au bout d'un mois j'ai décidé de réveiller tout ce beau monde en la ramenant en tube.
Pour les faire déménager rien de plus simple, un tube dans de l'aluminium bien sombre et le nid découvert en pleine lumière. 1 heure après tout le monde était dans le tube.
Elles sont donc revenues en tube il y a une semaine et la ponte a repris, des larves sont au rendez vous et ça semble reparti.
Au final, était ce à cause de mon nid, était ce une espèce de diapause, c'est une bonne question dont je n'ai pas la réponse...
Voici quelques photos :
L'installation actuelle :
La colonie en tube : (vous remarquerez quelques larves bien dodues à droite près du coton).
De bons oeufs en quantité :
Et la photo la plus mauvaise du monde montrant la silhouette des soldats (toujours au nombre de 5).
Concernant maintenant plus généralement les moeurs de cette espèce.
- Hygrométrie de 70-80 % c'est bien. Par contre, elles n'aiment pas les substrats humides, et privilégient toujours de s'installer directement sur le plexi. A mon avis, un élevage en tube peut être très intéressant pour cette espèce. Voir en nid plexi mais super humide et sans condensation !
- Lumière : Cette espèce a une sainte horreur de la lumière, que ce soit pour le nid et j'ai constaté même pour l'ADC. Probablement un reste de comportement issu de la forêt. Il est donc à mon sens très déconseillé de les chauffer directement avec une lampe.
- Température : J'observe une meilleure activité aux alentours des 26 degrés. Passé les 28 elles ne sortent plus de leur nid de même en dessous des 22.
- Alimentation : Malgré sa taille imposante (les ouvrières ont la taille d'une Myrmica sp., les soldats d'une Formica ss. str. et la reine d'une gyne de Camponotus cruentatus) c'est une Pheidole typique.
* Pheidole par son goût pour à peu près tous les insectes. A ce jeu tout de même les grillons arrivent n°1, suivi des blattes, suivi des chenilles. Les mouchent semble par contre peu appréciées même si consommées quand elles n'ont pas le choix. A noter leur nette préférence pour les proies vivantes ou fraichement tuées (je parle des blattes et des grillons je n'ai jamais testé avec un insecte sauvage).
* Pheidole par son goût pour les graines. A ce jeu aussi ce sont les graines de Sésame qui l'emportent. Celles de pissenlits ne sont pas du tout consommées.
* Pheidole par ses caprices pour les liquides sucrés. Au final, elles n'apprécient pas le miel, et préfèrent simplement l'eau sucrée.
Difficulté :
Pour moi, c'est une espèce relativement simple, mes déboires sont uniquement dus à mon nid inadapté et à mon manque de temps. Sinon ça n'est pas plus difficile qu'une P. pallidula.
Evasion :
Bien moins compliquées que les P. pallidula, les ouvrières sont moins rapides et moins douées pour l'escalades. J'ai néanmoins une ADC fermée comme il se doit avec les Pheidole exotiques.
Attrait :
Elles sont moins rapides que les P. pallidula, moins à courir dans tous les sens, néanmoins, ce sont bien des Pheidole par leur vitesse de recrutement et leur capacité au combat. Les soldats sont vraiment spectaculaires, la tête est disproportionnée et leur arrivée sur la scène de chasse fait penser à l'arrivée d'un char Leclerc sur un chant de bataille. Elles arrivent, elles donnent deux coups de mandibules qui coupent la proie en deux et repartent toujours sur le même rythme.
C'est en tout cas une espèce attrayante, qui n'ont pas le petit charme incomparable des P. pallidula et leur "grain de folie". Après au niveau des soldats, c'est simple soit on adore soit on les trouve difformes tout ça est affaire de goût.
Leur proportion est bien plus accentuée que chez P. pallidula et on se demande comment ils font pour arriver à soulever leur tête.
En conclusion :
C'est à mon avis une fourmis à élever pour les passionnés de Pheidole, les P. sinica sont plus faciles que les Pheidologeton et son très spectaculaires. Je suis heureux d'avoir découvert cette espèce et d'avoir pu l'étudier en la poussant à ses limites minimales et maximales. Maintenant qu'elles sont en pleine forme, je vais très probablement m'en séparer pour la confier à un passionné de Pheidole qui, je le pense, y consacrera tout le temps qu'elles méritent.
Vos Q/R :
https://www.myrmecofourmis.org/forum/vi ... hp?t=16195
Forum
