Cela fait un bout de temps que je vous dit que je vais faire un blog sur mes Tetraponera rufonigra dès que j'aurais un appareil photo, chose promise, chose due !
Présentation de l'espèce
Tetraponera rufonigra est une fourmi rouge et noire asiatique de la sous-famille des Pseudomyrmicinae, elle possède donc une allure particulière et une piqure douloureuse. Les ouvrières font environ 12mm et il n'y a pas de polymorphisme de castes parmi celles-ci, tandis que la reine atteint les 14mm.Les colonies adultes resteraient a priori assez peu peuplées et ne dépassent pas les 500 ouvrières. Elles logent souvent dans le bois même si on les trouve parfois dans la terre. L'entrée de leur nid est très étroite et est très bien gardée, en effet l'espèce est très agressive et possède une très bonne vision avec leurs larges yeux.
Dans leur habitat naturel, ces fourmis sont très dominantes et se logent régulièrement près des habitations, où elles ne sont pas dérangées par l'homme grâce à leur piqure redoutée, équivalente à une piqure de guêpe.
Besoins de l'espèce en élevage
Cette espèce est assez simple d'élevage. Elle se nourrie principalement de liquides sucrés et d'insectes, ne fait pas de diapause et vit à des température allant de 22 à 30°C, avec des périodes plus ou moins fraiches. Elle ne demande que très peu d'humidité si bien qu'un abreuvoir dans l'aire de chasse peut suffire. Le développement du couvain est long, mais celui de la colonie semble assez rapide car la reine compense l'évolution lente du couvain par une quantité importante (un peu comme les Crematogaster scutellaris le font).Pour l'anti-évasion un couvercle grillagé est indispensable car ce sont des grimpeuses hors-pair, exotiques et piquantes, donc il vaut mieux prendre ses précautions ! Je rappelle qu'une piqure de fourmi peut parfois provoquer un choc anaphylactique conduisant à la mort si la personne n'est pas rapidement prise en charge...
Ma colonie de Tetraponera rufonigra
Les débuts...
J'aurais dû recevoir ma colonie de Tetraponera rufonigra le 3 novembre, mais l'histoire en a voulu autrement... Enfin le livreur en a voulu autrement ! Chronopost a donc décidé de ne pas me livrer, ne pas appeler, ne pas sonner ni déposer d'avis de passage. Rien. J'ai donc dû appeler le service client, qui me disait qu'il ne savait pas où était mon colis et que je devais attendre un mail qui arriverait à 14h. À 16h, toujours pas de mail, mais au bout du 4ème appel au service client nous avons enfin sa localisation : à l'aéroport de Nice, à l'autre bout de la ville (2h de trajet l'aller-retour...). On m'envoie alors un mail pour me dire que je peux récupérer mon colis, je me rends donc à l'aéroport et une fois là-bas, on m'annonce que mon colis n'est pas prêt et que je dois revenir le lendemain matin... Je fis donc cela et finis par ENFIN récupérer mon colis...
Je l'ai donc ouvert pour savoir si les pauvres petites avaient survécu et là... je suis complétement et instantanément tombé sous le charme !
Aucune perte à signaler, et cette espèce est vraiment juste magnifique, et ont une allure si différente de tout ce que j'ai pu observer auparavant ! La fondation compte 12 ouvrières et un couvain important. Je les ai alors mises dans leur terrarium qu'elles ont rapidement exploré de font en comble. Il semblerait cependant que le flocage s'apparente pour elles à un déchet puisqu'elle passent un temps fou, encore aujourd'hui, à le prendre, monter sur une branche, puis le lâcher dans le vide, comme elles nettoieraient si elles étaient sur un arbre.
J'ai décidé de ne pas les faire déménager de force, elles sont donc encore dans la mini aire de chasse dans laquelle elles avaient fait le transport, mais il est possible qu'elles changent un de ces jours d'habitat pour un terrarium plus élaboré et plus naturel, même si pour l'instant rien n'est prévu.
Voici quelques photos de ces premiers pas dans leur nouvel environnement (prises à l'époque au portable) :
Quelques jours plus tard, une première ouvrière est morte probablement suite au stress du voyage.
La première semaine ces demoiselles ont refusé toute sorte de protéines ce qui m'embêtait beaucoup mais soudainement elles sont devenues très faciles à nourrir pour mon plus grand bonheur.
Niveau comportement et observation, cette fondation est terriblement intéressante : il y a constamment une ouvrière ou plus dans l'aire de chasse, elles sont vives, chaque ouvrière fait sa tâche (nourrice, gardienne, fourrageuse...) de façon très dynamique.
J'ai pu observer de très nombreuses trophallaxies, dont le nombre de protagonistes peut monter à l'instar des Camponotus à 5 ouvrières ! Autre comportement très intéressant : il n'est pas rare de voir une ouvrière tambouriner très rapidement le sol avec son abdomen, probablement pour signaler l'alerte.
... et aujourd'hui !
Depuis leur réception il y a bientôt 2 mois, il faut avouer que la colonie ne s'est pas concrètement beaucoup développée !
Les nymphes ont été dévorées (je pense que lors de la livraison les nymphes sont mortes) il a donc fallu attendre que les larves présentes continuent leur développement, ce qui est très long. Mais bien que le nombre d'ouvrières soit encore à 10, je ne considère pas que la colonie soit encore au même point qu'à leur début : la colonie s'est très bien faite à son environnement et est actuellement vraiment très dynamique, on sent qu'elles sont "à l'aise", et surtout le couvain s'est considérablement multiplié !
Le couvain peu après la réception
Le couvain actuel
De nombreuses naissances devraient donc s'enchainer d'ici peu, j'ai hâte ! Maintenant que vous savez tout ou presque sur cette superbe colonie, il est temps de se faire un peu plaisir et d'illustrer un peu tout cela !
Pour vous montrer un petite vidéo de la colonie, j'ai filmé une fourrageuse ramenant du liquide sucré au nid !
Enfin, une vidéo peu instructive mais jolie et si vous regardez bien vous pouvez voir la langue de la fourmi lécher le liquide sucré ! 
Voilà j'espère que cet énorme post ne vous aura pas effrayé ou endormi, surtout n'hésitez pas à commenter sur le Q/R je vous répondrai avec plaisir !


