Bonjour.
Concernant la
polygynie des
Lasius flavus, j'ai longtemps cherché une réponse durant ces 5-6 ans d'élevage. Beaucoup de sujets parlent de
pléométrose, d'autres de polygynie possible pour des reines issues d'une même colonie. Je pense que dans mon cas la phase de pléométrose est bien achevée (5 ans et demi ensemble avec beaucoup de filles qui auraient déjà du faire un choix). J'avais effectivement récupéré les 3
gynes sans aile dans une même zone aux abords d'un dôme de terre. Je n'ai pas la réponse sur le comment on obtient une polygynie chez les Lasius flavus, mais je dirais que dans de tels élevages il n'y a pas de vérité générale, juste beaucoup de cas par cas, une colonie n'en est pas une autre.
Par ailleurs, j'ai lancé en 2013 plusieurs nouvelles
fondations de Lasius flavus avec reines multiples (2 à 3) issues ou non d'une même zone de mon jardin. Après 2 ans et demi, élevées dans de gros tubes à essai, les fondations s'étaient bien développées et aucune gyne n'était morte. Ces petites colonies bien parties dans la vie ont été relâchées à divers endroits du jardin. Chance ou bien situation géographique (région à hiver très rigoureux) favorisant les regroupements de gynes, je ne sais pas.
La question suivante se pose également : Lasius flavus ou Lasius myops ? Ces deux fourmis du sous-genre Cautolasius se distinguent essentiellement par la taille des yeux (ce que je ne peux pas vérifier) et par la présence chez Lasius flavus, d'ouvrières plus imposantes à tête plus sombre que le corps. Constatant la présence des ces ouvrières dans ma colonie, il s'agit bien ici de Lasius flavus.
Pour le filtre rouge, également quelques recherches sur internet, il semblerait que les
Hyménoptères ne voient pas dans le rouge. Mes
nids étant installés dans une pièce éclairée, cette feuille transparente colorée leur offre à priori une impression d'obscurité (ou du moins cela leur offre une zone à intensité lumineuse plus faible). Les
Messor barbarus apprécient vraiment, elles qui sont si enclines à courir dans tous les sens pour un rien

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Parlons maintenant de ma deuxième colonie, les Messor barbarus

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En Novembre 2013, voyant ma mine déconfite devant ma colonie de Lasius flavus en pseudo perdition à l'époque

, ma mère m'a conseillé d'acheter une petite colonie d'une espèce pour débutant avec un nid. Après quelques recherches, le nom de Messor barbarus est sorti du lot. Espèce
granivore, avec un bon développement mais facilement stressée. J'ai alors consulté les sites de vente de fourmis et j'ai donc acheté une petite colonie de 60 ouvrières Messor barbarus sur un site dont je ne citerai pas le nom pour les raisons suivantes : conditions d'élevage douteuses, conseils néfastes notamment sur le fait que des espèces comme
Camponotus cruentatus,
Camponotus vagus et j'en passe peuvent se passer de
diapause et de mise au froid, et un VENDEUR qui dément toute responsabilité lorsque l'on constate un problème (je dis bien vendeur). Je ne regrette pas mes achats sur ce site, mes insectes étant en parfaite santé mais bon je ne financerai plus ce genre de site qui est là pour faire du chiffre au détriment de la santé d'animaux

. Passons...
J'ai également investi dans un *** de chez ***. Quand j'ai reçu ma jeune colonie, j'ai été surpris. Quand on vit à la campagne du nord de la France, et que la seule espèce que l'on a croisée dans sa courte vie est la Lasius, on est pas mal "choqué"

: belle taille pour une fourmi et surtout cette forme spécifique qu'ont les Myrmicinae. Choqué mais pas déçu

. Elles se sont très vite acclimatées à leur nouvelle maison et ont commencé à gérer leurs
greniers. L'hiver 2013-2014, pas de mise au frais pour elles. La ponte a néanmoins cessé durant cette période et a repris au printemps 2014. Pour pallier à leurs crises de panique à la moindre vibration et changement de luminosité, je me suis équipé de papier bulle et du fameux filtre rouge. L'efficacité des ces matériaux a été édifiant : beaucoup moins de peur. La colonie a bien progressé durant 2014, si bien que j'ai acheté un second nid (***) chez *** afin de le connecter au nid ***. Elles ont alors changé leur mode de fonctionnement : les greniers et les déchets ont été placés dans le nid plat (très peu humide), et le
couvain est resté en grande partie avec sa majesté dans le nid initial.
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- *** et *** connectés
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- Messor barbarus dans le ***
En novembre 2014, j'ai remis tout le monde dans le nid principal afin de leur faire faire une diapause de 4 mois, à une température de 11 à 14°C. À partir de mai 2015, j'ai du m'absenter durant 4 mois pour un stage d'assistant ingénieur en Angleterre. Ma mère s'est alors occupée de mes colonies. Quand je suis revenu pour quelques jours en juin et en juillet, RAS, un bon développement (beau couvain) mais rien de plus. Par contre lorsque je suis rentré à la fin du stage, fin août

: les deux nids étaient saturés ! Bah oui, fortes chaleurs lors de cet été 2015, ça a fait le café !
Ne souhaitant pas voir une marée noire sur mon bureau, j'ai acheté un *** de chez ***. Ce beau et grand nid à système d'humidification double leur a permis de placer leur graines au sec et leur couvain dans la zone humide. Et les graines concassées sont remontées dans l'
ADC, dans un coin facile d'accès pour le ménage hebdomadaire. Merci à elles

. J'utilise pour ramasser leurs déchets, un aspirateur pour ordinateur. C'est plutôt efficace, et sans danger pour mes petites pensionnaires (les quelques-unes aspirées, sont récupérées et replacées indemnes dans leur nid.
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- Messor barbarus après leur déménagement dans un ***
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- Messor barbarus dans leur ***
Pas de mise au froid fin 2015, et pourtant une année 2016 très prolifique. En juin 2016, j'ai dû connecter le *** au *** afin de désengorger l'ADC de celui-ci. Et en novembre 2016, le *** a été remplacé par un second *** (emprunté à mes
Crematogaster scutellaris dont je me suis séparé). Elles se sont formidablement bien réparties entre les deux nids. À l'heure actuelle, la couvain n'évolue plus et elles sont à température ambiante.
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- Vue d'ensemble des nids des Messor barbarus
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- Vue de face nid principal des Messor barbarus
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- Vue de face nid secondaire des Messor barbarus
Parlons enfin régime alimentaire : essentiellement des graines (bah oui, granivores quoi), de l’
œuf dur haché le mercredi, et de la viande hachée le samedi (et un supplément insecte de temps à autre). Et bien entendu des abreuvoirs. Elles ne manquent donc de rien, et la taille des
major ne fait que progresser. À noter que j'ai aperçu à plusieurs reprises d'énormes
larves en forme de poires, typiques des larves de
sexués. Elles ont néanmoins toujours fini par disparaître

. J'espère vraiment obtenir des sexués cette année, ce qui marquerait un nouveau stade dans la progression de ma colonie

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- Vue de dessus nid des Messor barbarus
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- Messor barbarus sur viande hachée
Voilà qui clos ce post sur mes casseuses de graines

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À bientôt pour un prochain post sur mes Camponotus cruentatus

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