Les espèces les plus agressives sont généralement de petites tailles et très populeuses, comptant plusieurs milliers voire dizaines de milliers d'individus. Parmi elles, dans notre voisinage proche, on peut surtout mentionner
Lasius emarginatus et, dans le genre
Tetramorium,
T. caespitum qui sont toutes deux de grandes spécialistes du recrutement massif dès lors qu'elles ont trouvé de la nourriture en conséquence. Et peu d'espèces aux mœurs pacifiques, ou peu belliqueuses, résistent à leurs intrusions débordant leur défense très rapidement submergée par le nombre.
J'en ai tout récemment fait l'expérience autour de mon logement, en disposant quelques pièges à appâts afin de prendre connaissance des espèces peuplant ma pelouse, que les petites fourmis terrorisent les plus grandes. Je vous en montre la preuve, avec les photos qui suivent, après avoir posé l'un de ces pièges sur ma terrasse...
Mes deux premières convives s'étant intéressées au repas offert étaient une ouvrière
Tetramorium caespitum et une ouvrière
Formica rufibarbis.
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- Piège à appâts sur ma terrasse.
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- Mes deux premières convives.
L'ouvrière
T. caespitum s'étant malencontreusement frottée à la
F. rufibarbis, tout de même plus imposante qu'elle et connue pour appartenir à une espèce croqueuse de
Tetramorium, préféra tourner les tarses pour aller chercher du renfort.
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- Tetramorium allant recruter ses semblables...
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- « Je vais aller chercher mes frangines... »
Une deuxième ouvrière
F. rufibarbis fut à son tour attirée par l'odeur alléchante du plateau repas gracieusement offert par bibi, car il est gentil avec les fourmis bibi.
Vous remarquerez (image suivante à gauche), dans le cercle vert en haut à droite, une autre fourrageuse
Tetramorium passant tout près de là.
Mais, résultat des courses (un peu comme dans une grande surface qui vient tout juste d'ouvrir ses portes), ce sont les petites noires qui investirent le magasin en nombre pendant que nos deux
Serviformica avaient le dos tourné.
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- Deux Serviformica ont pris
possession de mon mon piège.
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- Résultat des courses.
Bon ! Je reconnais avoir un peu triché avec les deux dernières images où l'on voit très bien que les appâts ne sont pas identiques, s'agissant de deux expériences faites sur deux jours différents.
Pour clore mon intervention dans ce sujet, je vous montre une dernière photo mettant au défis n'importe quelle espèce se croyant plus forte, mieux armée ou supérieure en nombre d'aller fourrer ses pattes dans un grouillement pareil.
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- On dirait des Dorylus !
Je peux témoigner qu'un jour, au début des années 2000, je vis un raid
Polyergus rufescens coupé en deux par le surgissement soudain d'une armée de furieuses
Tetramorium qui saisirent six guerrières au passage et n'en firent qu'une bouchée ensuite.
