Petit rappel sur le développement précoce embryonnaire des insectes avec comme animal modèle la drosophile, et une observation pratique qui en découle dans nos élevages.
Rappel théorique.
Les ovocytes de la drosophile comme de la fourmis sont macrolécithes : ils contiennent assez de réserves (vitellus) pour assurer le développement jusqu'au stade de larve.
Une fois fécondés, les ovocytes sont expulsés après renforcement de leur membrane vitelline, sous forme d'un œufs. Les œufs sont pondus dans un état de légère déshydratation, et son enduit de salive ce qui provoque leur gonflement. La particularité des insectes est la division cellulaire qui s'en suit. Chez les vertébrés, les cellules se divisent entièrement pour former la blastula (futur embryon). Chez les insecte, au départ, l’œuf ne contient qu'un seul noyau fécondé, perdu dans le vitellus. Les noyaux se divisent enssuite, sans pour autant s'entourer de membrane plasmique.
On appelle ce stade le blastoderme syncytial, un nombre définis de noyaux au sein d'une même membrane. Ces noyaux migrent ensuite en périphérie et s’entourent de membrane plasmique qui leur est propre. Au stade blastoderme cellulaire, l'embryon se présente comme une quantité de vitellus entouré d'une monocouche de cellules, sous la membrane de l'oeufs.
Quelle conséquence pratique ? Le vitellus est opaque, les noyaux et cellules sont transparents. L’œuf initialement pondu, entièrement opaque, va voir ses extrémités progressivement devenir translucides au fur et à mesure de sa maturation. Au plus il est proche de l'éclosion, au plus la partie translucide périphérique sera importante. Vous avez peut-être déjà observé ce phénomène dans vos élevages. Il s'agit d'une bonne manière d'évaluer le stade de développement d'un œuf avant sont éclosion.
Cela s'observe particulièrement bien chez les œufs de C.ligniperdus en sortie de diapause, au vitellus jaune. Voici également la version Tetraponera.
Sans titre
Enjoy !
Edit : La manière dont cette monocouche cellulaire périphérique s'organise pour former une larve complète est fort longue et compliquée. Ce serait rentrer dans un niveau de détail non nécessaire. Mais une petite vidéo très bien faite qui récapitule le tout, visuellement :
Dernière modification par Will le lun. 13 janv. 2014 10:15, modifié 9 fois.
Je n'ai pas réussi à trouver de photos gros plan d’œufs correspondantes, j'ai dû me débrouiller comme je pouvais. Si tu en as sous la main, n'hésite pas à les poster.
Alkinne a écrit :D'accord je vais voir ^^. Tu passes des poulets aux insectes ?
De l'embryo, reste de l'embryo.
Je vous fais grâce de la métamérisation de la larve. Mais tu me fais penser que j'ai zappé ce point, je mets une vidéo en édit !
Dernière modification par Will le lun. 13 janv. 2014 10:10, modifié 1 fois.
La vidéo est vraiment impressionnante ! Donc si je comprends bien, il n'y a pas vraiment d'éclosion de l’œuf comme chez les ovipares, c'est plus une "transformation". C'est bien ça ?
Oulalala, ça me rappel des vieux souvenir de biologie animal. On avait abordé de façon très sommaire ce sujet fort intéressant et complexe qu'est l'embryologie chez les animaux (et insectes par la même occasion).
En tous cas merci pour ce résumé, concis et clair.
Bof c'est assez simple d'observer les oeufs, suffit d'une loupe d'horloger, avec un grossissement de gamme moyenne, ex : *40.
Par contre c'est vrai que ça ne permet pas la prise de photos !
La pensée engendre l'hérésie. L'hérésie appelle le châtiment.